Depuis près de trente ans, les années se suivent et se ressemblent au sommet du football belge. Depuis la saison 1971-72, le FC Brugeois (10) et le Sporting d'Anderlecht (11) se sont emparés de 21 titres de champion de Belgique, sur les trente disputés.

Ces deux clubs n'ont laissé que des miettes au RWDM (74-75), à Beveren (78-79 et 83-84), au Standard (81-82 et 82-83), au FC Malinois (88-89), au Lierse (96-97) et au Racing Genk (98-99). Mieux (ou pire, c'est selon), sur les seize dernières années, soit depuis le début des années noires du Standard, ces deux clubs ont raflé treize fois les écussons (8 aux Mauves, 5 aux Blauw en Zwaart).

Autant dire que la rivalité entre Brugeois et Anderlechtois, si elle n'était pas des plus grandes il y a trente ans vu que les Brugeois ne jouaient pas encore un rôle en vue en D 1 est désormais exacerbée. Si, pour un francophone, le traditionnel Anderlecht-Standard (ou vice-versa) est le moment à ne pas manquer dans la saison, pour un Flamand, le jour de Bruges-Anderlecht (ou vice-versa) sera à marquer d'une pierre blanche.

Ce sera d'autant plus vrai ce samedi vu que le match a lieu à deux journées de la fin et que les deux équipes ne sont actuellement séparées que de deux points.

Qui plus est, ce duel, pour le titre certes, mais aussi et surtout pour une participation à la rémunératrice Ligue des Champions, est sans doute le dernier avant un certain temps a avoir autant d'enjeu. On s'explique: le superbe parcours anderlechtois sur la scène européenne cette saison va permettre à la Belgique d'envoyer, dès la saison 2002-2003, deux équipes en Ligue des Champions. L'une au troisième et dernier tour préliminaire, l'autre au seond tour préliminaire. Les deux premiers du prochain championnat auront donc la possibilité de jouer la prestigieuse Ligue. Et il faut espérer qu'il en soit ainsi encore longtemps les années suivantes, ce qui voudrait dire que les équipes belges réalisent de beaux parcours européens. Voilà qui rajoute encore un peu de piquant à la rencontre de samedi.

Enfin, si l'on jette un coup d'oeil aux statistiques des derniers duels livrés à Bruges, on verra que le résultat de la rencontre est souvent un bon indicateur du nom du futur champion. Chaque fois que le Sporting a ramené un bon résultat de son déplacement un match nul ou, a fortiori, une victoire , les Mauves ont remporté les lauriers au terme de la saison.

TROP D'ENJEU TUE LE JEU

Voilà qui devrait motiver les troupes d'Aime Anthuenis. Mais monteront-elles pour autant sur la pelouse de l'Olympiapark avec un schéma tactique prudentissime en tête? Il est vrai qu'un match nul les maintiendrait avec deux points d'avance sur leurs rivaux. Mais les Anderlechtois n'ont jamais été aussi dangereux, cette saison, que lorqu'il montaient sur le terrain avec de réelles ambitions offensives.

Pour les Brugeois, la situation est plus claire. Trond Sollied ne devra pas beaucoup s'employer pour expliquer à ses troupes qu'elles devront vaincre, ou mourir. Mais, d'un autre côté, les Brugeois ne sont-ils pas les rois de la contre-attaque en Belgique? Ne sont-ils pas bien plus dangereux lorsque leurs adveraires sont en possession de la balle? Dès lors, ne vont-ils pas laisser la direction des opérations aux Bruxellois? Et ces Bruxellois en voudront-ils, eux qui peuvent se contenter d'un match nul?

Pour le spectateur neutre, il serait intéressant qu'une des équipes inscrivent un but assez rapidement, afin que l'autre doive montrer le bout de son nez. Sinon, on pourrait bien assister à une morne rencontre, dont les élans offensifs seraient brisés par la peur de vaincre, par l'enjeu immense qu'elle comporte.

Car, sauf surprises, on peut penser que les deux dernières journées du championnat ne devraient plus poser de problèmes aux deux leaders. Anderlecht devrait asséner le coup fatidique aux Malinois avant de se rendre à Alost. Quant à Bruges, il se rendra au Lierse avant de recevoir Genk, soit deux matches face à des équipes démobilisées. En comptant sur un six sur six de la part des deux leaders en fin de parcours, la victoire apparaît indispensable aux Brugeois ce week-end. Vaincre ou mourir...

© La Libre Belgique 2001