Si l'équipe de France récente championne d'Europe et vainqueur de la Coupe du monde constitue la référence actuelle, c'est loin d'être le cas d'un championnat français qui a perdu de sa superbe. Un promu, Lille, en tête du championnat et les trois grosses cylindrées, Marseille (14e), Monaco (11e) et le Paris SG (12e), dans la deuxième partie du tableau, voilà le nouveau paysage du football d'outre-Quiévrain.

Il n'y a pas si longtemps, ces mêmes clubs étaient des habitués des demi-finales et finales continentales: finale de l'UEFA en 1999 pour l'Olympique de Marseille, demi-finale de la Ligue des Champions 1998 pour Monaco et Coupe des Coupes 1996 pour le PSG. Les grands du foot français n'ont pas passé le cap du tout à l'argent et de l'ère Bosman. Le problème de l'argent n'en est pourtant pas vraiment un, puisque le PSG dispose du premier budget français avec 3,6 milliards de francs belges suivi de près par Monaco (2,4 milliards) et Marseille (2 milliards).

La question est plutôt ce qui en est fait. Erreurs de recrutement, investissements hasardeux émaillent le quotidien de ces clubs qui fréquentent maintenant autant les rubriques économiques et faits divers que la rubrique sportive: histoires de faux passeports pour les Monégasques, problème de hooligans pour les Parisiens et soucis financiers pour les Marseillais.

FUITE DES CERVEAUX

Le principal problème vient en fait du terrain. Ces clubs n'ont plus une équipe mais un effectif pléthorique, composé de joueurs qui favorisent leur carte personnelle pour s'assurer un bon transfert. Au contraire de petits clubs qui, avec des effectifs plus réduits et plus soudés, obtiennent des résultats.

Cette année, l'OM compte trente et un joueurs, dont neuf sont en prêt, mais seuls deux des joueurs recrutés pour la saison en cours sont titulaires. Le PSG est quand à lui le spécialiste des mauvaises affaires. Le club a rapatrié au Parc des Princes pas moins de trois joueurs formés au club (Anelka, Domi et Distin) pour la bagatelle de 1,6 milliard de francs!

Monaco, brillant champion 2000, n'est que l'ombre de lui-même n'ayant pas réussi à conserver ses meilleurs éléments, partis sous des cieux plus cléments.

La fuite des internationaux français dans les meilleurs clubs européens, Juventus et autre Manchester, a permis à une génération entière de sortir du rang. Cependant ces «espoirs» supportent mal la comparaison avec leurs aînés et c'est une autre raison du malaise des grands clubs qui avaient tous parié sur l'avenir. Cette nouvelle génération accepte mal l'autorité des entraîneurs, et ne se remet que peu ou prou en question. Stéphane Dalmat, meneur actuel des «espoirs» français, a ainsi connu cinq clubs (Chateauroux, Lens, Marseille, PSG, Inter Milan) en deux ans et demi sans jamais réellement s'imposer.

Dans les tribunes, on n'apprécie que peu la baisse de régime de ces stars si grassement payées, à Paris on a pu voir une affiche où était inscrit: «www.équipedemerde.fr» et à Marseille les quarante mille abonnés ont fait la grêve des encouragements! Et ce n'est pas fini. L'OM lutte toujours pour éviter la relégation, et le PSG joue son avenir européen ce mardi en Champions League contre un Milan qui, par une certaine ironie du sort, souffre des mêmes maux

R. T

(st.)

© La Libre Belgique 2001