Le football belge ne cesse d'encaisser de cinglants uppercuts. Il explose sur la scène européenne et ne se rapprochera pas d'une double qualification directe de ses ténors pour une des prochaines Ligues des Champions. Il est grand temps que ses instances diligentent un audit sans complaisance d'une crise qui, de conjoncturelle qu'elle pouvait encore apparaître il y a peu, tend à devenir structurelle. Anderlecht ballotté à l'échelon le plus élevé, Beveren ridiculisé par un des deux adversaires les moins valeureux de sa poule: le football belge ne s'exporte plus, comme l'atteste une équipe nationale elle aussi à la dérive.

Nos clubs risquent donc fort de ne plus s'ébattre, dès la reprise de janvier, que dans notre modeste pré carré. Anderlecht se ressaisira-t-il avant que, comme Bruges la saison dernière - il n'ait accusé, trop tôt, un retard trop important sur le leader détaché de l'élite? Sa confrontation avec La Louvière, qu'il ne distance que de cinq points, servira de révélateur. Hugo Broos s'est cabré pour mieux s'opposer à ses contradicteurs. Il fait désormais l'objet d'une première motion interne, apparente, de méfiance. Premier club wallon, La Louvière a enchanté, en tout début de saison. Elle séduit encore. Il ne lui manque qu'un résultat marquant pour se transcender encore.

Deux clubs malades confronteront leurs infortunes au Tondreau. Bien qu'assaini, Mons demeure vulnérable et le Standard a subi une sévère rechute. Est-ce parce que ce dernier ne paraît pas aussi atteint qu'il a pu l'être naguère que Dominique D'Onofrio ne semble pas - encore - menacé? Le Brussels vit également sur un volcan. Emilio Ferrera a-t-il failli? L'entraîneur bruxellois différera peut-être les séquelles d'un nouveau revers, à La Gantoise cette fois. Mais il aura consommé son joker à l'instar, peut-être, de Gilbert Bodart si Ostende ne remporte pas, enfin, son premier succès contre le Cercle de Bruges.

© Les Sports 2004