URAWA L'air de rien, la présence de la Turquie au stade des demi-finales de la Coupe du Monde ne doit rien au hasard. Le football turc a, en effet, sérieusement évolué ces dernières années. Sa première participation en phase finale d'un Mondial remonte en 1954 où l'équipe nationale turque fut éliminée dès le premier tour. Après une longue traversée du désert, le football turc débuta son ascension en 2000. Cette progression fut, tout d'abord, stigmatisée par la victoire de Galatasaray en finale de la Coupe de l'Uefa face à Arsenal (0-0, 4-1 t.a.b.).

Cette évolution fut confirmée par l'équipe nationale qui, dans la foulée de son meilleur représentant, se hissa jusqu'en quarts de finale de l' Euro 2000 où elle fut éliminée par le Portugal (0-2) après avoir terminé deuxième de son groupe derrière l'Italie mais devant... la Belgique, qu'elle avait battue 2-0 à Bruxelles, et la Suède avec qui elle partagea l'enjeu (0-0).

Dans la foulée, la formation de Galatasaray se forgea une solide réputation en Champions' League. La Turquie peut, désormais, être considérée comme une grande entité du football mondial. Elle l'a d'ailleurs démontré au monde entier depuis le début de la Coupe du Monde où elle a réalisé un parcours parfait après une première défaite subie face au Brésil et un partage concédé face au Costa Rica.

L'échec subi face au Brésil est d'ailleurs resté en travers de la gorge de tous les joueurs turcs, victimes, eux aussi, d'appréciations arbitrales plus qu'approximatives. Le Brésil avait, en effet, obtenu sa victoire grâce à un coup de réparation imaginaire face à une équipe turque réduite à neuf unités après, notamment, la simulation de Rivaldo. Le joueur du FC Barcelone avait lui-même avoué à l'issue du match en avoir rajouté pour faire exclure le joueur turc. La fédération internationale lui avait d'ailleurs infligé une amende de 11.500 francs suisses (moins de 8.000 €) pour simulation. `Nous ne pensons pas à la revanche, a déclaré Senol Gunes. Le football est un jeu, et un jeu ne devrait jamais avoir des allures de revanche. Ce n'est pas un mot que j'aime quand on parle de sport. C'est clair, le premier match ne nous a pas fait plaisir. Nous ne méritions pas de le perdre, et je n'ai pas apprécié ce que Rivaldo a fait. Mais l'arbitre de cette rencontre était peut-être inexpérimenté et il a commis une erreur. Nous ferions fausse route si nous nous concentrions sur Rivaldo. Le Brésil dispose de tellement de grands joueurs que si nous mettions deux hommes sur Rivaldo, cela offrirait des espaces aux autres. Tout le monde disait que le groupe C (NdlR: Brésil, Turquie, Costa Rica et Chine) était faible. Le fait que deux équipes de ce groupe se retrouvent en demi- finales prouve le contraire.´

Et les Turcs ne comptent d'ailleurs pas s'arrêter en si bon chemin. Car ils aspirent tous à ne plus revivre la désillusion que leur avait infligée le Brésil au 1er tour.

© Les Sports 2002