Des femmes présidentes de clubs de football, ce n'est pas nouveau. L'Italie a été un précurseur en la matière puisqu'en 2008, Rosella Sensi avait succédé à son défunt père Franco à la tête de l'AS Roma. Souvent contestée par les tifosi giallorossi pour le salaire qu'elle s'octroyait et le manque d'investissement dans l'équipe, la présidente a rendu son tablier lors de l'été 2011. A côté de cela, Rosella Sensi a aussi occupé les fonctions de vice-présidente de la Lega Calcio, c'est-à-dire l'organe de gestion du championnat transalpin.

Elle s'est donc frottée aux barons du foot italien que sont les Massimo Moratti, président de l'Inter, ou Adriano Galliani, actuel directeur sportif de l'AC Milan qui occupe maintenant la fonction de vice-président de la Lega Calcio. Et comme ses homologues masculins qui font parfois la une pour des scandales extra-sportifs, elle a aussi une part sombre. En septembre dernier, elle a été déférée devant la justice sportive pour un non-versement de primes à des agents de joueurs.

Bologne, Marseille et le Warta Poznan

Jusqu'au 23 décembre 2011, Bologne avait lui aussi été dirigé par un membre de la gent féminine. Francesca Menarini avait été en effet placée à ce poste par son propriétaire de père.

Le phénomène s'est ensuite propagé à travers le monde. L'Olympique Marseille s'est retrouvé entre les mains de la veuve de Robert Louis-Dreyfus, Margarita. Celle-ci a d'abord voulu revendre le club phocéen avant de s'y investir. La native de Saint-Pétersbourg n'est pas présidente de l'équipe de la Canebière, mais son actionnaire majoritaire.

Au Brésil, l'ancienne nageuse olympique de freestyle, Patricia Amorim, a repris en mains le club de Flamengo. Les transferts de Ronaldinho et Adriano lui ont permis d'avoir une certaine popularité auprès des supporters, mais elle a cependant été évincée de son poste en décembre 2012 après des élections au sein du club de Rio de Janeiro.

Même en Pologne, pays pourtant ultra-catholique, Izabella Lukomska-Pyzalska, qui s'est forgée une belle réputation dans des magazines masculins, a pris le pouvoir en 2011 d'un club de seconde division, le Warta Poznan. Mais la nouvelle présidente n'a pas l'intention de jouer les potiches susceptibles d'attirer des investisseurs. A côté de ses succès dans la presse de charme, Izabella Lukomska-Pyzalska est aussi spécialiste du BTP et de l'immobilier. Son ambition pour le Warta Poznan est d'ailleurs noble puisqu'elle veut rendre le stade aux familles et en chasser les hooligans.

Des coulisses au terrain ?

On l'a vu, les femmes commencent à se faire une place dans le milieu hyper macho du foot. Cependant, pas question de voir des talons aiguilles fouler une pelouse pour coacher les mâles. Si des femmes ont réussi à faire leur trou comme arbitres, aucune d'entre elle n'a réussi à enfiler le costume de T1, chasse gardée de la gent masculine. Tout au plus a-t-on accepté la présence d'une femme dans le staff médical d'un club. Exemple à Chelsea où la brune Eva Carneiro déchaîne les passions dans son rôle de kiné des Blues.

Mais samedi prochain, tout pourrait changer. Et la première dame qui pourrait prendre place sur le petit banc viendrait de Turquie. Ce mardi, Galatasaray tentera l'impossible exploit de rattraper ses trois buts de retard contre le Real Madrid. Autant dire que le club stambouliote a beaucoup de chance de voir son aventure européenne s'arrêter au stade des quarts de finale.

Ce résultat ne devrait toutefois par remettre en cause le statut de l'entraineur Fatih Terim. Cependant, samedi dernier, lors de la victoire du "Gala" 3-1 contre Mersin, l'entraineur turc a dérapé. Avec ses deux assistants, il s'en est pris à l'arbitre de la rencontre et a été renvoyé en tribunes.

Du coup, le trio risque une interdiction de banc de 10 matchs. Qui donc alors coachera Galatasaray ce samedi contre Karabukspor ? D'après le quotidien Miliyet, c'est la T4 Dyugu Erdogan qui devrait être le relais de Terim en bord de pelouse.

Ce serait une première dans l'histoire du football turc, mais aussi international. Et si le XXIe siècle était celui des femmes dans le monde du ballon rond ?