Le Ghana, qualifié pour les 1/8-èmes de finale du Mondial dès sa première participation à une Coupe du monde, n'est pas arrivé là par hasard: géant du football africain depuis des décennies, il brille également depuis quelques années dans toutes les compétitions de jeunes. Grâce à leur victoire 2 à 1 jeudi contre les Etats-Unis, les Ghanéens terminent deuxièmes de leur groupe, derrière l'Italie. Au coup de sifflet final, ils ignoraient encore le nom de leur adversaire en 1/8-ème, mais tout portait à croire que le "Black Star" croiserait la route du Brésil.

"Petits Poucets" du Mondial, les Ghanéens ont pourtant sur leur continent une réputation d'ogres. Ils ont remporté quatre Coupes d'Afrique des nations (CAN), la dernière en 1982. Et ils sont surnommés les "Brésiliens de l'Afrique" pour leur jeu léché.

L'actuelle réussite est le fruit d'un travail de fond. Lors de quatre éditions consécutives de la Coupe du monde des moins de 17 ans, le Ghana a terminé premier (1991, 1995) ou deuxième (1993, 1997). Avec les moins de 20 ans, Michael Essien, John Mensah, John Pantsil ou Samy Adjei ont été sacrés vice-champions du monde en 2001.

Suivant l'exemple dans les années 1990 d'Abedi Pelé et Anthony Yeboah, dont Marseille et Hambourg se souviennent encore, les Ghanéens ont gagné de l'expérience et des titres dans les plus grands clubs européens, à l'instar d'Essien (Lyon puis Chelsea) ou Sammy Kuffour (Bayern Munich puis AS Rome).

Pourtant, le Ghana, pays fou de foot, a toujours laissé au Cameroun, au Nigeria et même au Sénégal, en 2002, l'honneur de porter les couleurs de l'Afrique à la Coupe du monde. C'est paradoxalement une équipe moins flamboyante que ses devancières, mais peut-être plus solide, qui vient de réussir l'exploit d'atteindre les 1/8-èmes de finale.

La force de l'équipe tient dans son brillant milieu de terrain (Appiah-Muntari-Essien) et sa solidarité. Une unité qui doit beaucoup au sélectionneur serbe Ratomir Dujkovic, réputé faiseur de miracles. Le Serbe a trouvé l'appui de parraineurs qui ont pallié l'impécuniosité de la Fédération ghanéenne (GFA).

Il a surtout remobilisé les joueurs, convaincant ses stars d'abandonner leurs clubs huppés d'Europe pour passer l'obstacle des qualifications.