Eric Gerets, surnommé "le Lion", succède à Albert Emon au poste d'entraîneur de l'Olympique de Marseille, avec une rigueur nordique et un enthousiasme méditerranéen qui ont séduit la direction du club français désireuse de sortir de la crise. Joueur, 86 fois international avec la Belgique, il est sacré vice-champion d'Europe (en 1980) et atteint les demi-finales du Mondial mexicain en 1986.

Ancien solide défenseur du Standard de Liège alors entraîné par... Raymond Goethals au début des années 80 et du PSV Eindhoven avec qui il remporta la Coupe des champions en 1988, le Limbourgeois s'est ensuite rapidement taillé la réputation d'un entraîneur de haut vol. Héritant du surnom de "Lion de Rekem" (son village natal dans le Limbourg) notamment en raison de son caractère de leader mais aussi de la crinière (chevelure et barbe abondantes) qu'il arborait joueur, Gerets est un entraîneur à poigne. Et à succès.

Champion de Belgique à la surprise générale en 1997 avec le Lierse puis l'année suivante avec le FC Bruges, Gerets a rapidement trouvé les frontières du Royaume trop étroites. Ancien joueur de Standard, du PSV mais aussi du Milan AC, Gerets est une icône aux Pays-Bas: en tant que joueur, il y remporte six titres de champion en sept saisons (entre 1986 et 1992) avec le PSV et, comme entraîneur, il connaît la consécration nationale en 2000 et 2001. "Rigueur et élan"

Sa carrière d'entraîneur en Allemagne à Kaiserslautern puis à Wolfsburg -qu'il sauve de la relégation en 2004 et où le président lui proposera un contrat à vie- lui laisse toutefois un goût d'inachevé, lui qui rêvait sans doute de diriger un club prétendant au titre. Approché par Lyon au moment où le club français cherche un successeur à Paul Le Guen -ce sera finalement Gérard Houllier-, l'entraîneur flamand va trouver son bonheur en Turquie et conduit le Galatasaray Istanbul au titre en 2006. Chaque saison, ou presque, la presse belge spécule sur son retour au Standard de Liège qu'il s'est juré un jour d'entraîner. D'autant que le temps presse puisque Gerets, 53 ans, répète à l'envi qu'il stoppera sa carrière à 55 ans.

Mais le voilà à l'OM, proche cousin du Standard -les deux clubs possèdent en Robert Louis-Dreyfus le même bailleur de fonds- dans un environnement qu'il devrait apprécier après avoir dompté avec succès le chaudron du Galatasaray dans la bouillante Istanbul.

Revoilà donc un Belge aux commandes des destinées sportives d'un club champion d'Europe en 1993 avec Goethals, "Raymond la Science". Gerets partage avec son compatriote le fait d'avoir été impliqué dans une même affaire de match truqué en 1983 au Standard de Liège. "Une grosse bêtise", dira "le Lion" qui sera suspendu avant de revenir au plus haut niveau.

Son credo, "de la rigueur et de l'élan" dira-t-il un jour au PSV, colle parfaitement à l'image qu'il avait laissée comme joueur, celle d'un latéral droit au tacle intransigeant et aux montées en ligne incessantes.