C'est dans le stade où s'est déroulée la finale de l'Euro 2004 qu'Anderlecht joue sa finale. Le Sporting se trouve déjà devant son match de l'année. Une élimination face à Benfica signifierait que le but principal de la saison - le deuxième tour de la Ligue des Champions, soit plus de 10 millions€ - ne se réalisera pas. Le Sporting est donc sous haute tension, et cela se sentait, hier, lors du voyage vers le Portugal.

La défaite surprise face à Mouscron a laissé des traces, que le président Roger Vanden Stock n'a toujours pas digérées. A l'aéroport, il n'a pas mâché ses mots, et il ne le fera pas aujourd'hui quand il adressera la parole aux joueurs. «Je ne parle pas de révolte, c'est une mauvaise conseillère, mais je souhaite une réaction positive du groupe. La faillite totale de vendredi a été incompréhensible pour moi, après une si bonne préparation. Rien n'a marché, nous avons perdu tous nos duels. Je n'ai pas vu des vrais professionnels. Qu'ils montrent qu'ils sont des vedettes, contre Benfica! Qu'ils montrent ce qu'ils valent vraiment! On joue une grosse partie de notre saison à Lisbonne...»

Rarement, le discours du président a été aussi clair. «La direction a une énorme faim de revanche. Nous avons tout fait pour avoir une meilleure équipe que la saison passée en gardant l'effectif et en nous renforçant. J'espère que les joueurs auront le même réflexe. Si nous perdons en ayant tout donné, j'accepterai. Anderlecht n'arrêtera pas d'exister si nous nous faisons éliminer. Si nous jouons comme à Mouscron, par contre, je serai très déçu. Je veux voir une vraie équipe.»

Un certain optimisme

Et c'est peut-être là que le bât blesse, vu les «affaires» Aruna et Peersman. «En ce qui concerne Peersman, je suis formel», dit Vanden Stock, qui s'est entretenu avec son gardien mécontent à l'aéroport. «Il n'aurait pas dû réagir de cette façon. Se rend-il compte qu'il joue dans le plus beau club de Belgique? Qu'il est gâté de gagner tellement d'argent? J'espère qu'il reviendra les pieds sur terre.»

Mais Roger Vanden Stock a aussi fait passer un message positif. Lors du tirage au sort, le président mauve parlait de 50 pc de chances de se qualifier. Hier, il étonnait tout le monde. «Nos chances ont augmenté suite à la défaite à Mouscron. Si nous avions gagné 0-7 au Canonnier, mes joueurs auraient pris ce déplacement à Benfica à la légère. Maintenant, ils se rendent compte du sérieux de leur tâche. Du moins, je l'espère...»

L'optimisme du président provient aussi des statistiques. Anderlecht s'est déjà qualifié six fois pour la Ligue des Champions (PSV, Sparta Prague, wild card, Porto, Halmstad et Cracovie), seuls les Hongrois de Ferencvaros lui avaient joué un mauvais tour. Un palmarès à rendre jaloux.

© Les Sports 2004