Anderlecht-Standard un match à risques? Evidemment! Depuis des années, les rencontres entre les `frères ennemis´ suscitent autant de tension dans les travées que sur le terrain. Et les deux dernières éditions de ce classique ont laissé des traces. L'an passé, le bourgmestre d'Anderlecht, Jacques Simonet, avait accepté, à la demande de Louis Smal, d'accueillir 1500 supporters liégeois dans les tribunes (500 de plus que prévu). Résultat: des bagarres pendant et après le match, des dégâts estimés par Anderlecht à plus de 8000euros et un litige toujours sur le bureau de l'Union belge aujourd'hui. Ensuite, en août dernier, à l'occasion du match aller, les supporters bruxellois avaient été agressés avant de provoquer eux-mêmes des incidents.

Lors de la réunion préparatoire qui a eu lieu le 21 janvier dernier au commissariat d'Anderlecht, c'est un véritable plan de bataille qui a été établi pour éviter que le match se transforme en `guerre de tranchées´. `Il ne faut pas non plus tomber dans la psychose, prévient Philippe Boucar, commissaire à Anderlecht et directeur général des opérations demain soir. La grande majorité des supporters du Standard sont les bienvenus au stade. Je souhaite qu'ils mettent la même ambiance qu'à Sclessin, dans le sens positif du terme. Il n'y a pas de sentiment de revanche ou de volonté de la police de les mater pour le plaisir.´

Cependant, les mesures seront exceptionnelles. Pour la première fois à Anderlecht, on utilisera le système de combinaison ticket et bus pour les supporters adverses. Autrement dit, les 972 partisans du Standard devront obligatoirement arriver au stade dans un des bus des clubs de supporters. `Aucun Liégeois qui arrivera seul au stade ne rentrera dans l'enceinte, expliquent Philippe Boucar et Roger Francq, responsable de la sécurité au Sporting. Il s'agit de canaliser les partisans du Standard.´

Ces derniers seront donc escortés depuis la sortie de l'autoroute jusqu'à l'entrée du stade, avec un parking réservé à leur attention et aucun contact avec le public `mauve´. `C'est une demande du bourgmestre, poursuit Francq. On appelle cela la dissuasion visuelle. Si les deux clans ne se voient pas, ils ne peuvent pas se provoquer et donc, la tension est moins forte.´

Un gros budget

Pour ce faire, des barrières spéciales seront placées sur le parcours des supporters. Et autour de ces mille visiteurs très spéciaux, un dispositif impressionnant sera mis en place.

`J'estime à 2,5 millions d'euros le coût de la sécurité au Sporting depuis trois ou quatre ans, analyse Roger Francq. Je ne sais pas si nous sommes arrivés au maximum ou si la surenchère va se prolonger. On doit toujours s'adapter aux circonstances.´ Une chose est sûre: toutes les mesures de sécurité peuvent être prises, on ne changera pas la mentalité des gens. `Des supporters viennent chez nous et s'amusent, je ne trouve pas d'autre mot, à casser des toilettes, des portes, etc., regrette Roger Francq. Cela n'a rien à voir avec le sport, mais avec l'éducation et le respect d'autrui...´`Parfois, poursuit Philippe Boucar, des bons pères de famille sont sortis de leurs gonds car on leur demandait de patienter un peu avant de quitter le stade, pour leur sécurité. J'ai parfois l'impression que les gens accumulent de la haine la semaine et l'expriment au stade! Contre cela, on ne peut pas faire grand-chose. D'autant que les joueurs ne donnent pas toujours l'exemple. Je soutiens l'action de la police brugeoise qui a dressé des procès verbaux contre des joueurs pour provocation envers le public. Je suis prêt à faire la même chose. Si les équipes, ensemble, saluaient le public, à la fin de la rencontre, nous aurions moins de problèmes, c'est sûr.´

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