Depuis toujours, la France, l'Italie et l'Espagne appliquent la fermeture de leur marché pendant la saison. Ce n'est que depuis quelques années que ces pays se sont un peu libéralisés en créant un mercato d'hiver. Une nouveauté qui n'attire pas vraiment l'enthousiasme de nos voisins français comme nous le confie Regis Destelin, journaliste à `L'Équipe´. `Les transferts en cours de saison ne font pas partie de notre culture. Nous sommes tout simplement idéologiquement contre.´ Après cinq années d'existence, Regis Destelin tire en tout cas des conclusions négatives de cette période de transfert. `Le mercato d'hiver ne sert strictement à rien. Les clubs sont tout d'abord peu enclins et autorisés (le conseil de gestion de la Ligue surveille d'un oeil très attentif les comptes des clubs) à opérer des retouches à leur effectif. Ensuite, on constate que les arrivées de janvier n'apportent aucune plus-value. Je ne connais qu'un seul joueur qui ait réellement rehaussé le niveau de jeu de sa nouvelle équipe: Christophe Dugarry. Alors qu'il se morfondait sur le banc de Barcelone, Christophe a émigré à Bordeaux pendant l'hiver 97-98 dans le but de se montrer à l'aube de la coupe du monde. Et ce transfert a effectivement contenté aussi bien les dirigeants bordelais que le champion du monde. Mais le cas de Christophe n'en demeure pas moins une exception. Si nous avons adopté le principe d'un mercato hivernal, c'est uniquement pour trouver une solution pour les joueurs placés en situation délicate´.

NE PAS FAUSSER LE CHAMPIONNAT

S'ils ne sont déjà pas très chauds vis-à-vis du mercato d'hiver, les Français rejetent catégoriquement le système anglais, comme nous l'a expliqué Guy Mislin, responsable de la communication à la Ligue nationale professionnelle française. `Comment voulez-vous que l'on décerne le titre de champion à une équipe qui a changé totalement de visage par rapport au mois d'août ? Nous ne souffrirons en tous cas pas du nouveau règlement Fifa car nous possédons déjà des périodes de transferts fort proches à celles proposées par l'instance mondiale. Cette homogénéisation des systèmes sera au contraire bénéfique pour nous puisque tous les pays seront dorénavant placés sur un même pied d'égalité´.

Les dirigeants des fédérations espagnole et italienne partagent la même opinion que leurs homologues français. Il suffit en tout cas de regarder les transferts réalisés pendant le mercato d'hiver. Il s'agit rarement de vedettes, mais plutôt de seconds couteaux ou de joueurs à la recherche de leur passé. Rien de très glorieux!

© La Libre Belgique 2001