Le ministre des Finances aime le football. Privé de spectacle par une pelouse gorgée d'eau, c'est devant sa télévision qu'il a suivi ce week-end l'actualité du foot belge.

Comme tout le monde, il a été surpris par le manque de preuves apportées par le «Panorama» présenté par la VRT: «Le reportage était troublant, c'est vrai. Se baser uniquement sur des phases de jeu me semble toutefois un peu court. Si elles étaient «jouées», elles l'ont été de manière très professionnelles».

La réflexion du ministre ne s'arrête bien entendu pas à ce stade: «La Commission de l'Union Belge octroyant les licences aux clubs vérifie l'absence de dettes fiscales et sociales dans le chef de ceux-ci. Pourquoi ne pas en faire autant lorsqu'on attribue les licences de managers? Ce sont des personnes qui brassent des sommes considérables, parfois autant que certains clubs, et qui «managent» parfois plusieurs joueurs dans une même formation.»

Un contrôle préalable

Didier Reynders a déjà une idée précise de la manière dont il compte agir et il s'est récemment entretenu avec les représentants de l'URBSFA à ce sujet: «Le département des Finances pourrait vérifier leur passé fiscal, l'absence d'arriérés, de contentieux ou de condamnations. La fédération déciderait ensuite en connaissance de cause. Cela n'assainira pas complètement la profession mais je pense qu'on y verra plus clair. Le Président Peeters n'exclut d'ailleurs pas qu'à terme, cela devienne un critère à remplir pour l'octroi de la licence. Ce contrôle serait également réalisé par rapport aux managers présentant une licence étrangère ou résidant à l'étranger. L'échange d'informations devrait se réaliser sans trop de problème dans l'Union européenne. Pour ce qui est du reste du monde, ce sera moins évident mais cela ne me semble pas irréalisable.»

Un précompte unifié

L'action que le ministre entend mener pour aider le football belge ne se limite pas à une certaine régulation du statut de manager. Son ambition concerne également les joueurs, dont il entend équilibrer la fiscalité: «Actuellement, les sportifs étrangers bénéficient d'un précompte professionnel réduit à 18pc. Cet avantage sera maintenu pour les contrats portant sur de courtes durées. Je pense ici aux joueuses et joueurs de tennis, aux athlètes se produisant au Mémorial Van Damme et autres événements ponctuels. Pour ce qui concerne les contrats de plus longue durée, que l'on rencontre dans le football, le basket ou toute autre compétition sportive de longue durée, le statut sera dorénavant le même pour tous. Le précompte serait le même pour tous mais les clubs se verraient accorder une exonération portant sur la moitié de celui-ci. Cet avantage s'applique déjà aux chercheurs d'université et une partie de celui-ci, 25pc dans ma proposition, devrait être consacré par le club bénéficiaire à la formation des jeunes. Cela serait une garantie d'investissement dans la formation de nos jeunes talents. Ce projet doit encore être discuté avec la Fédération, avec qui nous vérifierons si des ajustements sont nécessaires ou non. Ce serait la fin d'un statut discriminatoire pour les jeunes joueurs belges».

De grands travaux sont donc mis en chantier. Les amateurs de football et de sport de manière générale seront ravis de les voir aboutir.

Lire également nos informations en p.10.

© Les Sports 2006