"Nous nous attendons à ce que l'impact sur l'environnement du Mondial en Afrique du Sud soit neuf fois supérieur à celui du Mondial allemand", a déclaré Dorah Nteo, directrice de la DEAT, l'agence gouvernementale sud-africaine chargée du climat, au cours d'une conférence de presse. La majeure partie de cet impact (85%) est liée aux transports aériens utilisés pour se rendre en Afrique du Sud, mais aussi pour se déplacer entre les villes du pays.

La pointe méridionale de l'Afrique est éloignée des principaux pourvoyeurs de supporters de football en Amérique et en Europe, nécessitant des trajets de milliers de kilomètres. Les émissions totales de CO2 engendrées par la première Coupe du Monde sur le sol africain seront également plus de deux fois supérieures à celles des Jeux Olympiques de Pékin l'an dernier, ont expliqué des responsables onusiens.

"Selon l'estimation actuelle, les émissions totales pour la prochaine Coupe du Monde dépasseront 2,75 millions de tonnes de CO2. Aux JO de Pékin, elles étaient de 1,18 million de tonnes", a indiqué Theodore Oben, chargé de communication au Programme des Nations unies pour l'environnement (UNEP).

A eux seuls, les 400.000 supporters du ballon rond attendus en Afrique du Sud parcourront au total environ 7,1 millions de kilomètres en avion pour rallier le pays organisateur et émettront 1,6 million de tonnes de CO2, selon un document onusien consulté par l'AFP. L'Onu a appelé les supporters à "compenser" les émissions de CO2 de leurs trajets en avion et discute actuellement avec les équipes qualifiées pour qu'elles fassent de même.

Une vingtaine des 32 équipes qualifiées, dont la France, l'Angleterre, l'Italie, le Brésil, les Etats-Unis, se sont déjà dites prêtes à le faire et aucune équipe n'a décliné l'offre, selon l'Onu. Au total, en comptant équipes et supporters, l'Onu estime à 33 millions de dollars (20 millions d'euros) la somme à débourser pour compenser les émissions de CO2 engendrées par les vols internationaux vers l'Afrique du Sud.