Chaude ambiance en perspective ce soir du côté de La Louvière, la RAAL accueillant le Sporting de Charleroi dans un derby hennuyer haut en couleurs.

Le stade du Tivoli, qui sera comble avec plus d'une dizaine de milliers de spectateurs, est en effet d'ores et déjà assuré d'être en ébullition. Ce match sera ainsi marqué par le retour d'Enzo Scifo sur les terres de ses premiers exploits. Du temps où, dans les équipes de jeunes de la cité des Loups, il marquait entre un et dix (!) buts par rencontre, avant d'être enrôlé par le staff d'Anderlecht en 1978. A l'époque, un confrère de la presse régionale l'avait surnommé «le petit Pelé blanc». Dès l'âge de 9 ans, sa technique lui permettait en effet de se jouer aisément de tous ses adversaires, âgés parfois de trois ans de plus.

Depuis lors, Enzo Scifo s'est forgé une brillante carrière internationale au départ d'Anderlecht, d'abord en Italie, puis en France (Bordeaux, Monaco, Auxerre,), avant un retour à Anderlecht et un atterrissage inattendu à Charleroi.

Dans la région du Centre, ce choix n'a pas toujours été très bien perçu, de nombreux supporters louviérois attendant le retour de l'enfant prodige au Tivoli. Par un véritable concours de circonstances (proposition alléchante du Sporting carolo, où Enzo cumule actuellement les fonctions de vice-président et d'entraîneur, après avoir débuté la saison comme joueur, alors que la RAAL retrouvait dans le même temps le chemin de la division 1), il foulera ce soir le gazon au centre de la piste du Tivoli non pas comme louviérois, mais en tant que coach de l'équipe visiteuse, qui plus est adversaire héréditaire du club!

Ce qui augmentera certainement l'intensité dramatique du match. Car le moins que l'on puisse écrire, c'est que le choix d'Enzo n'a pas porté jusqu'à présent tous les fruits escomptés. Au moment où il reprit l'équipe carolorégienne en main à la place de Manu Ferrera, celle-ci était en cinquième position, avec un honnête 24/42 en quatorze matches. Depuis lors, les Zèbres n'ont plus engrangé que treize points en treize rencontres, se retrouvant ainsi dans le ventre mou du classement, à une pâle dixième position. Pire: depuis la reprise de janvier, Charleroi n'a pris que cinq maigres unités sur les 27 en jeu. Son dernier point remonte ainsi au 3 mars et le partage à La Gantoise. Depuis cette semaine, Enzo Scifo peut compter dans son staff sur Dante Brogno, qui a également arrêté contre toute attente sa carrière. Cela suffira-t-il à stopper la spirale infernale dans laquelle Charleroi s'est engouffré? Rien n'est moins sûr

Du côté de La Louvière, l'équipe se trouve par contre sur la pente ascendante. Depuis la venue du «druide» français Daniel Leclercq, les Loups n'ont plus connu la défaite et ont réussi un brillant 12/18 lors de leurs six dernières sorties. Et ce compris le partage à domicile face au FC Brugeois, où l'ex-entraîneur de Lens avait effectué sa première apparition dans les vestiaires à la mi-temps.

Dans ces conditions, plus personne (ou presque) dans la région du Centre ne doute de la victoire des Loups, qui ont retrouvé toute leur rage de vaincre. «Nous n'avons pas besoin de l'aide des Carolos pour nous sauver. Mais ce serait quand même bien s'ils pouvaient lever le pied» Relevée sur le site Internet de la RAAL dans une discussion entre supporters, cette phrase démontre véritablement l'état d'esprit dans lequel se disputera cette rencontre. Sans animosité exacerbée, mais avec une réelle envie louviéroise de prouver sur le terrain que l'on a les capacités de rester en D 1.

© La Libre Belgique 2001