BRUGES A l'automne de sa carrière dans un sport collectif, Gert Verheyen truste les records et les distinctions individuels. Il n'accuse qu'un but de retard sur Raoul Lambert, le meilleur buteur européen du Club avec vingt-deux réalisations. Mais demain, dans la toute neuve et somptueuse Allianz Arena de Munich, le recordman des rencontres de Coupes d'Europe avec Bruges gravera le nombre 100 sur sa liste de matches européens. C'est le record national pour un joueur du champ belge. Gert Verheyen atteint ce palier avec une légitime fierté: «J'y accède parce que j'ai eu la chan- ce insigne d'être épargné par les blessures graves. Mais aussi parce que j'ai affiché un caractère bien trempé. Je n'ai connu que deux clubs. J'ai eu le bonheur de me sentir, très vite, chez moi au Club Bruges. Je n'ai jamais eu envie de le quitter. Si: une seule fois, il y a quatre ans. J'aurais aimé être transféré à Ipswich Town. Le Club ne m'a pas laissé franchir le pas. Je ne l'ai jamais regretté. Si je l'avais fait, je n'aurais jamais disputé cent matches européens...»

Le regard du capitaine brugeois s'évade un instant: «Ma carrière européenne a été riche. On évoque tout le temps les grandes soirées d'antan du Club sur la scène internationale, celles qu'inspirait l'entraîneur Henk Houwaart. Je ne les dénigre pas, bien sûr. Mais je les relativise quelque peu. Ces soirées se sont révélées mémorables surtout parce que, contre Dortmund, l'Étoile Rouge et consorts, le Club était virtuellement éliminé avant d'aborder le retour. C'est le renversement du score qui les a rendues inoubliables. Je pourrais en citer beaucoup aussi, de ces matches en apparence disproportionnés, que nous avons remportés contre des adversaires théoriquement beaucoup plus forts que nous. J'ai toujours adoré prendre l'avion pour disputer un match de Coupe d'Europe. J'aime m'entraîner le soir sur la pelouse du club qu'on rencontre, humer l'ambiance de son stade.»

Le retour, parfois, est bien triste: «Quand on rentre au pays, on est fatigué. Et parfois bien abattu. Quand on s'est fait éliminer de manière inattendue. Comme à Bochum ou à Saint-Gall, par exemple...»

Dans sa carrière européenne, Gert Verheyen a défié un extra-terrestre: Paolo Maldini! «Je l'ai affronté pendant l'Euro 2000. Le Milanais m'est apparu le meilleur en tout. Quelle carrière et quelle longévité! Et en plus, il est beau! Il en a eu, du succès auprès des femmes...»

© Les Sports 2005