Malgré la promesse d'Oliver Kahn, le Bayern Munich n'a pu compenser la bévue de son gardien au match aller (1-1) et s'est logiquement incliné mercredi à Madrid (1-0), face à un Real dont la défense souvent décriée s'est pour une fois montrée décisive, en 8es de finale retour de la Ligue des champions. Le Real Madrid a, en effet, su relever le défi physique tout en y ajoutant sa note technique. «On a encaissé le but de Zidane au moment où on commençait à mieux s'organiser. En plus, sur ce but, on a commis des erreurs de défense», commentait Omar Hitzfeld, nullement désabusé, toujours persuadé que le Bayern peut encore rattraper le Werder Brême en Bundesliga (7 points de retard).

Mais le paradoxe de cette seizième confrontation entre ces deux vieux rivaux, c'est que le Real, qui multiplie les achats à sensation dans le secteur offensif, s'est imposé finalement «grâce à la belle défense de l'équipe», comme l'analysait l'entraîneur Carlos Queiroz. Un peu comme si l'absence de Roberto Carlos avait rééquilibré ce secteur fragile des merengue.

Et pourtant, Salgado, Helguera, Mejia et Raul Bravo ne sont pas les joueurs les plus connus du Real. Mais Ivan Helguera, sans doute le meilleur homme sur le terrain, a réalisé une performance de grande classe. Et puis, Zinédine Zidane a marqué le but de la victoire, dans une position d'équilibriste au second poteau, en exploitant au mieux un coup de tête rageur de Michel Salgado, victorieux de son duel avec la défense centrale bavaroise.

«On a réussi à faire jeu égal avec le Bayern sur ses vertus: son jeu physique, les ballons aériens et le marquage. Et puis, on a fait la différence sur nos atouts: le jeu technique», précisait Queiroz pour qui «ce résultat est le fruit de beaucoup de travail, de beaucoup de discipline, de 90 minutes de concentration totale.»

Des favoris tombent

Pour la deuxième année consécutive, le Bayern ne sera pas en quarts de finale de la Ligue des champions. Le Milan AC, lui, y sera l'ultime rescapé italien. Le champion d'Europe en titre a fait l'effet d'un rouleau compresseur, un peu long à démarrer, mais diablement efficace face au Sparta Prague (4-1). Après une mise en route qui aura demandé près d'une heure, via une virtuelle élimination sept minutes durant au moment où le score fut de 1-1, le reste de la rencontre démontra toute la force lombarde, incarnée par Shevchenko, auteur de deux buts. Avec une telle démonstration, le Milan AC, déjà sextuple vainqueur de l'épreuve, se pose comme l'un des grands favoris à sa succession, d'autant que trois prétendants sont passés à la trappe (Manchester United, Juventus Turin et Bayern Munich).

© Les Sports 2004