Il n’y avait donc que cela pour les refroidir. De sortie ce soir au CSK Moscou, le Real Madrid butera sur une température de - 15 degrés et un terrain synthétique sur lequel la "Maison blanche" ne pourra pas forcément déballer ses traditionnelles qualités. "Je m’attends à un match difficile face à une équipe de Moscou physiquement et tactiquement adaptée aux conditions dantesques que nous allons rencontrer", confiait hier un José Mourinho dont la nouvelle coupe "à zéro" continue au demeurant de faire baver la presse madrilène. "J’avais rencontré le CSK en 2004-2005 avec l’Inter et depuis lors cette équipe n’a pratiquement pas bougé. C’est un avantage considérable dans le football actuel de ne pas perdre son noyau et découper ses piliers."

Reste qu’en dehors des précautions d’usage, le Real partira avec une pancarte de favori (aussi épaisse que certains panneaux signalétiques) dans le dos. Au point de pousser l’Espagne à se demander si José Mourinho ne pourrait pas préserver certains de ses génies des conditions "Titanic" et titanesques dans lesquelles le Real devra ce soir plonger. Di Maria, blessé, est resté avec Lassana Diarra au pays tandis que plusieurs points d’interrogation autour de l’équipe de base continuent de flotter. "J’ai une équipe qui me permet de choisir. Et, soyez rassurés, j’ai déjà choisi les joueurs que je compte titulariser pour cette partie. Voyez pour une seule position le panel dans lequel je peux puiser : Xabi, Khedira, Granero, Sahin qui revient petit à petit voire Kaka qui peut jouer dans une position plus reculée. Mes joueurs ont tous la même qualité mais des caractéristiques différentes. A moi de m’adapter."

Et si Cristiano Ronaldo était ce mardi sacrifié sur l’autel de la prudence ? Gardien du temple, José Mourinho veut par-dessus tout éviter d’encaisser. "J’espère naturellement qu’on marquera plusieurs goals. Ou qu’on n’en marquera pas car l’objectif est simplement de passer en quart de finale."

Même le nom de Karim Benzema encensé hier par José Mourinho reste drapé d’interrogations. Plus pâlot, Higuain pourrait en effet grappiller du temps de jeu aux dépens du Français. Un Français que d’aucuns, à l’instar de Michel, n’hésitent pas à installer dans le costume du futur capitaine madrilène.