Football

Le Standard bâtit une nouvelle équipe

FRÉDÉRIC VAN VLODORP

Publié le - Mis à jour le

Cette saison, le Standard retrouve enfin la scène européenne, objectif derrière lequel il courait depuis plusieurs années. Une fois encore, l'attente est grande en bord de Meuse où il se passe toujours quelque chose... un peu comme à Marseille d'ailleurs.

Et l'intersaison a de nouveau été fertile dans les coulisses. On a par exemple appris que l'actionnaire majoritaire à une voix près était désormais américain, en la personne de Tom Russel, grand ami d'un Robert Louis-Dreyfus toujours présent qui avait, pour rappel, installé un autre de ses compères, le Suisse Reto Stiffler, à la tête du club de Sclessin. Ajoutons encore que l'homme fort du Français à Liège est Luciano D'Onofrio, invisible dans l'organigramme du club, et que l'avenir du directeur général Alphonse Costantin, convalescent après une opération au coeur, n'est pas nécessairement clairement tracé. Quand on vous disait que la vie était compliquée à Sclessin...

Ce qui est par contre certain, c'est que le club a signé un partenariat de quatre ans avec Havas Advertising Sports, référence internationale en matière de marketing à qui le Standard cède tous ses droits (sauf TV). A l'instar de l'AS Roma et de Marseille bien entendu pour ne citer que quelques exemples.

Mais le sujet qui a alimenté le plus les conversations cet été, c'est la ligne de transferts ouverte en direction de Marseille. Les valeurs sûres et adulées Daniel Van Buyten et Vedran Runje, et dans une moindre mesure Joseph Yobo, ont rejoint la Cannebière. Les interprétations autour du montant du transfert du premier («10 millions de dollars plus 50 pc de la plus-value qui pourrait être réalisée lors d'un transfert ultérieur....» assure Robert Louis- Dreyfus, soit le plus gros transfert en Belgique), les tergiversations du second et bien sûr le lien actionnariat entre deux clubs en position financière inconfortable n'étaient évidemment pas de nature à rassurer les supporters; ces opérations ont-elles été guidées par le souci prioritaire de maintenir le niveau sportif de l'équipe?

Manifestement pas, du moins dans la mesure où l'équipe est une nouvelle fois chamboulée à l'entame de la saison. Il est à espérer que toutes ces manoeuvres ne se réalisent pas au-dessus de la tête de l'entraîneur Michel Preud'Homme. Heureusement pour les Rouches qu' à l'inverse de Wilmots et Mbo M'Penza, Walem a finalement endossé la vareuse rouge, sans quoi la colère aurait grondé sur les gradins.

La perplexité est néanmoins de mise quand on observe les départs du gardien numéro un en Belgique Runje, du meilleur défenseur de l'équipe Van Buyten ou encore d'un attaquant de la tempe de Mornar - qui en plus est passé chez l'«ennemi» anderlechtois -, sans compter les pertes de Yobo, Vinicius voire Prosinecki ou les mises à l'écart d'internationaux tels Brocken, Selymes et Ciobotariu. De quoi, sur le papier en tout cas, presque composer une équipe viable en division 1 belge.

Heureusement pour le Standard, Michel Preud'Homme, arrivé en milieu de saison dernière, a cette fois eu l'occasion de préparer le championnat à sa guise, malgré l'arrivée tardive de Walem et plusieurs blessés (lire ci-contre).

Il lui faudra certainement du temps pour rebâtir une équipe soudée et appliquer son nouveau système de jeu axé idéalement sur le 4-3-3 aux nouveaux venus que sont principalement Van Meir, Vandooren, Cavens, Moreira, Okpara, Afolabi, Fouhami et donc Walem. Des individualités intéressantes qui rejoignent ainsi des valeurs sûres telles que Ernst, Meyssen, Dragutinovic ou Goossens et Aarst qu'on attend plus réguliers.

Il reste donc à Preud'Homme de faire prendre la sauce...

© La Libre Belgique 2001

A lire également

Facebook

Cover-PM

cover-ci

Immobilier pour vous