En une seule semaine, le Standard aurait-il abandonné tous ses espoirs de qualification en Coupe d'Europe? La question est plus que jamais d'actualité à Sclessin où l'on a enregistré, en l'espace de quatre jours seulement, une élimination en Coupe de Belgique et un partage à domicile face à Mons. Ces deux résultats représenteraient-ils un coup d'arrêt dans le redressement liégeois ou ne devraient-ils être considérés que comme de petits accidents de parcours?

Michel Preud'homme ne se voila, en tout cas, pas la face lorsqu'il affirma devant les caméras de télévision qu'avec une telle équipe, le Standard ne pouvait revendiquer meilleure place qu'il occupe actuellement. «Il est vrai que nous avons manqué de détermination face aux Montois», regrettait Dominique D'Onofrio. «La volonté de bien faire était présente mais nous avons manqué de percussion offensive. Il ne faudrait, cependant, pas en tenir rigueur uniquement aux attaquants...»

Le Standard a, effectivement, manqué de la plus élémentaire créativité face aux «Dragons». Sa ligne médiane n'a que trop rarement eu le rendement escompté. Célébré comme il se devait par son public, Almami Moreira n'a pas été aussi volubile que par le passé. Le médian portugais a trop souvent délaissé l'axe pour se réfugier sur le flanc, où il pouvait plus facilement toucher le ballon mais où son influence diminuait au fur et à mesure qu'il s'approchait de la ligne de touche.

Un noyau trop étriqué?

Il manquait donc un point d'appui entre les médians défensifs et les attaquants dans la mesure où même Johan Walem éprouva des difficultés à trouver ses marques en essayant de s'engouffrer dans les espaces dans l'axe tout en devant remplir sa mission sur le flanc gauche. Et quand des joueurs comme Moreira ou Walem sont enrhumés, c'est tout le Standard qui tousse.

En concédant le partage à domicile face à Mons, les Liégeois auraient-ils démontré des limites au plan moral? «Il est vrai que l'absence de compétiteurs tels qu'Ivica Dragutinovic ou Jonathan Walasiak est préjudiciable à l'équipe mais il serait injuste d'avancer leur indisponibilité pour justifier notre baisse de régime», estime Dominique D'Onofrio.

Or le Standard n'est pas apparu aussi fringant cette semaine qu'il l'était au début de la reprise. Certains s'en remettent à la fatalité en se disant que si la rencontre face à Anderlecht n'avait pas été remise, Jonathan Walasiak n'aurait pas été blessé. Mais avec des si... Robert Waseige et le Standard ont, ensemble, déterminé les contours d'un noyau qui se révèle trop court pour pouvoir lutter valablement de front dans deux compétitions différentes si l'effectif liégeois venait, comme c'est le cas, à déplorer l'indisponibilité de l'un ou l'autre de ses joueurs.

Les «Rouches» devront assumer ce choix jusqu'au bout. Auteur d'un remarquable 25 sur 30, Dominique D'Onofrio est obligé de rassembler les forces vives pour aligner une équipe compétitive. «Nous n'abdiquerons pas, ajoute-t-il. Nous allons vivre un mois de février haletant face à des adversaires mieux classés puisque nous rencontrerons Bruges, le Lierse, Saint-Trond et Lokeren. Nous pourrons tirer un bilan après ces confrontations et fixer des objectifs plus précis à ce moment-là. Car tout reste, en fin de compte, possible.»

© Les Sports 2003