Après le choc entre le Club de Bruges et Anderlecht, c'était au tour de Genk et du Standard d'en découdre dans l'enfer de Sclessin. Un choc toujours spécial quand on connaît la rivalité qui oppose les deux clubs. Depuis l'affaire Defour, les deux équipes se livrent une bataille sans merci et chaque rencontre constitue un match de gala.

D'autant plus que lors de cette 28e journée de Pro League, les Liégeois avaient l'opportunité de repasser devant leurs adversaires du jour en cas de victoire. Une place sur le podium après laquelle les hommes de Mircea Rednic ont longtemps couru et qui leur tendait les bras avant l'arrivée des Genkois. Aussi, le public rouche attendait une réponse claire sur sa pelouse après la débâcle face à Mons.

Une pléiade d'absents

Privé d'Ezekiel, blessé à l'entraînement, le Standard devait également se passer de William Vainqueur, son maître à jouer. Le Français, suspendu pour abus de cartons jaunes, était une nouvelle fois sur la touche. Une absence qui permettait à Adrian Cristea d'être titularisé aux côtés de Yoni Buyens, comme lors d'un Standard-Mons de sinistre mémoire pour les Liégeois. A l'avant, Rednic choisissait de faire confiance à Maor Buzaglo, de retour en grâce aux côtés de Michy Batshuayi.

A Genk, c'était l'hécatombe. Vossen, toujours blessé après un choc subi à Stuttgart, Buffel, Simaeys et De Ceulaer étaient absents. Même Mario Been avait du déclarer forfait pour cause de maladie. Ce qui permettait au jeune Jordy Croux, 19 ans à peine, de figurer sur la pelouse dès l'entame du match.

C'est d'ailleurs cet espoir de la Cristal Arena qui se met le premier en évidence dans ce match. Bénéficiant d'un bon centre venu de la droite dès la 4e minute, il ajuste une tête à bout portant. Mais Eiji Kawashima est juste sur la trajectoire et parvient à repousser le ballon.

Un Standard dominant... mais inefficace

A la 11e minute, Buzaglo profite de son regain de forme en s'infiltrant dans le rectangle. L'Israélien tente sa chance dans un angle difficile mais Laszlo Köteles, auteur d'un gros match, a la main ferme pour arrêter le tir de l'attaquant. Par la suite, le Standard parvient à se créer de petites occasions, mal exploitées à chaque fois. Tout en dominant, les Liégeois se font peur, comme lors de cette sortie complètement ratée de Kawashima devant Kara à la 20e minute.

Kara Mbodj a d'ailleurs inquiété l'équipe liégeoise à de nombreuses reprises. Arrivé il y a peu de Tromsö, peu de gens connaissaient ce solide défenseur avant son arrivée en Belgique. Pour ce match au sommet, le jeune Sénégalais a rendu une copie parfaite. Très présent en défense, il a également apporté beaucoup de soutien à l'attaque de Genk. Et s'est même permis quelques fantaisies, comme lors de ce retourné acrobatique à la 22e minute. Un geste audacieux qui a ravi les supporters limbourgeois. A 22 ans seulement, Kara a prouvé qu'il était un joueur en or pour Mario Been.

Une minute à peine après le coup d'éclat de Kara, c'est un autre défenseur qui sort de son trou. Laurent Ciman récupère une balle perdue stupidement par Genk et arme un tir puissant à 35m du but. Mais sa frappe au ras du sol lèche le montant de Köteles. Moins d'une dizaine de minutes plus tard, Mchy Batshuayi shoote à son tour dans le rectangle. Son tir est repoussé en catastrophe par Köteles, et la balle n'atteint que l'équerre du Hongrois. Batshuayi, encore lui, remet ça à la 34e. Mais une fois de plus, l'attaquant de 19 ans se heurte à Köteles, intransigeant face aux Rouches. Peu avant la mi-temps Paul-José Mpoku conclut le festival des occasions ratées du Standard. Mais sa frappe passe à côté du but. A la pause, les Liégeois peuvent regretter cette myriade d'opportunités galvaudées.

A nos actes manqués

Après une première mi-temps excitante, le match repart sur des bases nettement plus calmes. Tout au plus doit-on se contenter d'une frappe d'Mpoku, beaucoup trop molle pour inquiéter un Köteles des grands soirs. Genk sort du bois à la 50e mais Van Damme intervient bien devant les attaquants adverses. Une minute plus tard, Batshuayi, pas en super forme face aux Limbourgeois, effectue un joli travail mais tarde à servir Cristea. Le Roumain récupère finalement le ballon mais tire dans le petit filet.

Après un quart d'heure assez morne, un coup de canon réveille Sclessin. Julien Gorius reprend un ballon comme il vient et expédie un véritable obus sur l'équerre de Kawashima. Un missile qui fait trembler les poteaux... et le public liégeois qui se dit que le match est très loin d'être gagné.

D'autant plus que dans les quinze dernières minutes, les Rouches ne proposent plus rien d'intéressant. Hormis peut-être cette semi-occasion résultant d'un joli mouvement entre George Tucudean et Reza. Mais une fois de plus, le Standard manque de réalisme devant le but de Genk.

Tucudean est nettement moins à son avantage quelques minutes plus tard. En effet, le nouveau transfuge de Sclessin se rend coupable d'un véritable attentat sur Koulibaly. Un tacle où le Roumain se jette littéralement sur la cheville du Franco-Sénégalais. Une agression qui lui vaut d'ailleurs une carte rouge amplement méritée... 10 minutes à peine après son entrée en jeu.

A la 89e, les Limbourgeois sont à deux doigts de réaliser le casse du siècle via Steven Joseph-Monrose. L'ailier, invisible jusque là, frappe au but juste devant Kawashima. Mais Jelle Van Damme joue au capitaine courage et repousse le ballon à même la ligne. Un petit miracle pour le Standard, acculé dans les derniers instants du match.

Anderlecht dit merci au Standard

Tenu en échec à Bruges, Anderlecht espérait voir ses deux concurrents se neutraliser. Le vœu des Mauves s'est donc réalisé grâce à la fois à un tout grand Laszlo Köteles, mais également à cause des carences criantes du Standard en zone de finition. Certes, le club ne pouvait compter sur Ezekiel. Mais le manque de mordant offensif sans son petit Nigérian fait craindre le pire pour les Rouches en cas d'absence prolongée du feu follet.

Car les chiffres sont là, le Standard a frappé 21 fois au but, cadrant un tiers de ses tentatives. Avec 11 essais en moins, c'est pourtant Genk qui s'est crée les occasions les plus franches. Un problème de concrétisation auquel Mircea Rednic devra remédier avant de se rendre à Louvain.

En attendant, le Standard a manqué une belle occasion de distancer le Club de Bruges et Lokeren, qu'il affrontera lors de la 30e et dernière journée de la phase classique du championnat. Mais également de remonter sur le podium, en dépassant... Genk. Si Anderlecht et Zulte-Waregem mènent allègrement la danse en Pro League, les Limbourgeois continuent eux aussi de jouer les premiers rôles de la compétition. Une position que le Standard aimerait bien récupérer à quelques encablures des play-offs.