Leekens: "Avec le cœur et avec la tête, pas seulement avec les jambes"
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Leekens: "Avec le cœur et avec la tête, pas seulement avec les jambes"

Michel Dubois

Publié le - Mis à jour le

Entretien

Un intime, qui a épousé presque toutes ses pérégrinations footballistiques, a dit de lui: "Georges Leekens restera mon ami pour la vie mais il ne deviendra jamais adulte."

Rappelé à la tête de Diables Rouges, qu’il fut l’avant-dernier à qualifier pour une phase finale d’un Mondial, l’actuel entraîneur de Courtrai ne conteste pas cette assertion. Il la nuance, toutefois: "J’ai mûri, j’ai tiré profit des erreurs que j’ai commises mais, c’est vrai, je suis resté, par certains côtés, un éternel adolescent. J’ai conservé, ancrée en moi, la passion. Elle est viscérale et inextinguible. Je crois que j’ai bénéficié là d’un héritage maternel. Je me suis toujours senti immensément fier de travailler pour mon pays. Je le suis plus encore aujourd’hui. J’espère que tous ensemble, avec mon staff et mes joueurs, nous pourrons de nouveau hisser haut les couleurs nationales. J’abhorre l’égoïsme et les petits esprits. J’aimerais beaucoup que notre monde politique réveille les mêmes sentiments de fierté. Si chacun jetait aux orties ses petits intérêts personnels et privilégiait la cause commune, la Belgique ne s’en porterait que mieux. C’est en tout cas le message, fort, que j’entends que mon équipe nationale diffuse quand elle se produira dans un stade de foot."

Hier soir, Georges Leekens n’avait toujours pas signé son nouveau contrat de coach fédéral: "Nous avons tout réglé dans la matinée. Seuls quelques détails juridiques restent à fignoler. Mais il n’y a aucun problème."

Le nouveau sélectionneur s’est prêté pour nous, de très bonne grâce, à un petit questionnaire pratique.

Georges Leekens, avez-vous choisi vos adjoints?

En principe, je continue avec la même équipe. En tout cas avec Marc Wilmots et Hans Galjé. A l’heure actuelle, je n’ai pas encore pu contacter Wilmots pour l’inviter à un tour de table mais, franchement, je n’appréhende aucun problème. Je crois sincèrement que nous composerons un bon duo, lui et moi. Et vous savez que mentir, ce n’est pas mon truc!

Thomas Vermaelen restera-t-il capitaine de l’équipe et Daniel Van Buyten son alter ego francophone?

Je n’ai pas encore décidé. Je réfléchis à la question.

Le programme de la préparation – deux matches amicaux contre la Bulgarie et la Finlande – et le déroulement de la phase qualificative pour l’Euro vous satisfont-ils?

Je n’irais pas loin si j’entonnais une complainte. Je m’adapterai au calendrier. Je sais par expérience qu’une préparation fantastique n’est jamais synonyme de bonne compétition. Un des premiers messages que je diffuserai aux joueurs sera le suivant: la qualification ne se décidera pas dans les matches contre les ténors du groupe, mais dans les rencontres contre les petits. Je crains davantage l’Azerbaïdjan que l’Allemagne.

Allez-vous réhabiter les exclus actuels, comme Stijnen ou Simons par exemple?

Je vais évoquer ce sujet avec mes entraîneurs. Surtout avec Wilmots. Je n’ai jamais dit jamais quand je parlais de football. Tous ceux qui peuvent contribuer à élever le niveau de l’équipe nationale sont les bienvenus. Mais le joueur appelé doit honorer sa convocation avec le cœur et avec la tête, pas seulement avec les jambes. La Belgique recèle des talents. Mais le talent est vicié si la mentalité et l’esprit d’équipe ne l’égaient pas.

Certains anciens ont, naguère, critiqué le comportement de certains jeunes talents…

La jeune génération belge n’est pas aussi mauvaise qu’on l’a prétendu. Jusqu’à présent en tout cas, les jeunes ne m’ont jamais déçu.

Quel sera l’axe majeur de votre discours aux joueurs?

Je veux que chacun diffuse le même message: ce n’est pas moi, c’est nous. Je veux des joueurs qui se battent. Qui vont au charbon. Je sais que cela semble idéaliste, mais c’est mon intime conviction. Nous ne serons jamais les meilleurs. Nous ne rivaliserons pas avec le Brésil ou avec l’Espagne. Mais si chacun enfile ce maillot avec ses qualités et ses défauts, qu’il honore les responsabilités que je lui confierai sans le soumettre à une pression excessive, je serai très confiant dans la tâche qui m’est impartie.

Quelles leçons avez-vous tirées de votre premier passage chez les Diables?

Que j’avais tort de vouloir combiner les fonctions de directeur technique et de sélectionneur. Cette fois, je ne serai plus que sélectionneur.

Serez-vous sur le banc le 19 mai contre la Bulgarie?

En principe, oui. C’est le meilleur moyen de connaître les joueurs, de voir comment ils se fondent dans l’équipe.

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