Un accord, intervenu mercredi, au siège de l’Union belge, a mis fin à la grogne des arbitres de première division. Ceux-ci (qui avaient vu leurs rémunérations augmentées de 55 % en 2008) exigeaient une nouvelle augmentation de salaire mais la Pro League refusait de la leur accorder. Les hommes en noir menaçaient à mots couverts de boycotter la première journée de championnat ce week-end.

Finalement, cela ne sera pas le cas. On ne connaît pas les termes exacts de l’accord mais il semble que les prétentions salariales des arbitres (on parle d’une augmentation globale d’environ 20 %) aient été rencontrées. “Nos arbitres apprécient ce geste de la Pro League et y voient un signal clair que l’arbitrage belge continue à se professionnaliser”, a indiqué l’Union belge.

“Le fait que la Pro League ait approuvé cette augmentation avant le début de la nouvelle compétition a également été particulièrement apprécié au sein du corps arbitral. De cette manière, la nouvelle saison pourra débuter de façon parfaitement sereine”, ajoutait-on du côté de la fédération.

Mardi, une première réunion de trois heures avait tourné en eau de boudin mais Robert Jeurissen, le président de la commission centrale des arbitres, se disait confiant.

Neuf mille euros

Les “referees” actifs au sein de l’élite belge touchaient jusqu’à présent un montant fixe de maximum 9 000 euros. A quoi s’ajoute une prime par match dont le montant varie en fonction de leur statut.

Ceux qui ont le “label” international, reçoivent un chèque de 1 600 euros par prestation. Les “nationaux” se voient crédités de 1 000 euros.

C’est vrai en championnat et à partir des huitièmes de finale de la coupe de Belgique (avant ce stade, ce sont des arbitres “amateurs” qui officient).

Les arbitres belges ne montent pas sur le terrain chaque week-end mais bon an mal an, ils sifflent une vingtaine de matches. Faites le compte : 9 000 euros plus 32 000, cela fait un bon 40 000 euros en fin de saison.

Ces montants sont imposés. Les arbitres dépendent de la convention collective de travail pour les sportifs payés non-professionnels et la taxation est de 33 % en général.

A titre de comparaison, on indiquera qu’un arbitre francais de L1 peut tabler sur une prime d’environ 3 000 euros par rencontre. Un referee néerlandais gagne 2 000 euros à chaque prestation, un Espagnol 3 500, un Allemand 3 800.

Les veinards qui militent dans la Calcio reçoivent, eux, 6 000 euros de prime par match. A quoi ils peuvent ajouter un salaire “fixe” de 10 000 euros par mois.

Au Royaume-Uni, les arbitres du “top” ont une rémunération mensuelle de… 24 000 euros.

Professionnalisation

Il y a évidemment une contre-partie à tout cela. Les arbitres sont tenus à assister à des séances d’entraînement poussées et à des leçons de théorie régulières. Ils ont tout intérêt à se soigner comme de vrais athlètes. Ce qui exige de la discpline voire des sacrifices.

Et c’est sans doute ce qui a poussé les arbitres belges à en demander plus aujourd’hui.

“Je consacre environ 20 heures par semaine à mon ‘métier’ d’arbitre”, confiait au “Laatste Nieuws” Serge Gumienny. “Les jours de match, je suis loin de chez moi pendant au moins huit heures”. “Les montants alloués dans les pays voisins permettent une professionnalisation de l’arbitrage”, ajoute-t-il. “Au Brésil, seuls des arbitres professionnels seront présents. Dans la présélection de 50 referees ne figure aucun belge. Nous régressons. Je suis persuadé que nous devons nous diriger vers un statut de professionnels.”

Les arbitres qui officient en Ligue des Champions sont dédommagés à hauteur de 5 000 euros par rencontre. Cela peut paraître beaucoup mais n’oublions pas que les enjeux financiers des matches européens sont énormes et que l’UEFA a voulu des hommes en noir très professionnels, capables de résister à la pression. Cela a un coût.

Cela en aura également un en Belgique si l’on veut des hommes en noir plus efficaces encore.