Les biens immobiliers situés à Liège appartenant à la société Alalunga ont été placés sous saisie conservatoire pénale par le juge d'instruction Philippe Richard, rapporte Le Soir Magazine dans son édition à paraître mercredi. Le bénéficiaire économique d'Alalunga Anstalt, société de droit du Liechtenstein, n'est autre que Luciano D'Onofrio, vice-président du club de football du Standard de Liège.

Une instruction a été ouverte il y a 4 ans à Liège au sujet de soupçons concernant des cas de blanchiment d'argent dans la gestion du Standard de Liège. L'affaire porterait sur 5 millions d'euros.

Cette saisie a été signifiée par huissier le 6 juin dernier. Elle concerne un hôtel particulier situé dans le centre de Liège et trois maisons, toutes situées à Ans. La saisie conservatoire pénale court sur une période de 5 ans.

Le gestionnaire de la société Alalunga est Maurizion Delmenico, un réviseur d'entreprises suisse qui fut un temps administrateur du Standard de Liège. Son nom est également apparu dans le procès des transferts à l'Olympique de Marseille. Il était gestionnaire de la société IAM (International Administration Management) basée au Liechtenstein et par laquelle transitaient une partie des commissions occultes versées dans le cadre des transferts des joueurs, indique Le Soir Magazine. La demande de permis d'urbanisme pour la rénovation de l'hôtel particulier de Liège a également été déposée à son nom, bien qu'il soit habité par Luciano D'Onofrio.

Contacté par l'agence BELGA, Me Paul Delbouille, le conseil de Luciano D'Onofrio, n'a pas souhaité faire de commentaires. "Il s'agit d'une suite d'enquête. Ce type de mesure est un des avatars qui font partie de l'enquête", a-t-il remarqué. Concernant la présence de Luciano D'Onofrio au sein d'Alalunga Anstalt, il a souligné que ces éléments étaient une des composantes du dossier mais "qu'il ne s'agit pas d'une évidence".

Luciano D'Onofrio, ancien footballeur professionnel et agents de joueurs, a déjà été confronté plusieurs fois à la justice française et belge, notamment pour des affaires de commissions douteuses. On lui reproche également ses liens étroits avec Luciano Moggi, ancien directeur de la Juventus de Turin impliqué dans le scandale des matchs truqués en Italie. Cette relation avait mené à des perquisitions au Standard de Liège.