Une passe décisive d'Iniesta et un premier but de Xavi ont placé l'Espagne sur la route d'une qualification pour la finale de l'Euro, que la "Roja" attendait depuis 24 ans. Un paradoxe pour ces deux milieux estampillés "blaugrana". Il fallait forcément une inspiration venue de nulle part pour débloquer un match fermé et perturbé par des conditions météorologiques extrêmes (orage, vent).

Après 45 premières minutes stériles, la délivrance est finalement venue de deux joueurs au gabarit identique (1,70 m), mais qu'une fidélité commune lie au grand club catalan. L'équipe nationale a longtemps été handicapée par l'attachement viscéral des joueurs à leur club pour ne pas goûter à sa juste valeur ce clin d'oeil du destin, au moment même où la "Seleccion" se replace au sommet de la hiérarchie continentale.

L'identité régionale a trop souvent pris le pas en Espagne sur l'affirmation nationale et la sélection en a fait les frais ces dernières années. Le onze espagnol parle désormais d'une seule voix et personne d'autre que le tandem Xavi-Iniesta ne pouvait incarner cette unité retrouvée.

Dans une partie fermée à double tour, la chevauchée de Xavi et son but après un relais avec Iniesta ont lancé la machine "Roja" vers la finale avant que Güiza (73e) et Silva (82e) ne corsent l'addition. Pour les deux milieux de terrain du "Barça", cette action salvatrice sonne surtout comme une revanche dans un Euro où ils ont eu du mal à donner leur pleine mesure.

La sélection de Luis Aragones s'était jusqu'ici reposée sur l'efficacité de Villa, meilleur buteur du tournoi (4 buts). Xavi et Iniesta restaient, eux, sur une prestation insipide en quarts de finale contre l'Italie. Leur remplacement avant l'heure de jeu (59e) avait résonné comme une punition sinon comme un sérieux avertissement.

Cette fois, Villa sorti sur blessure en première période (34e), il fallait bien que quelqu'un endosse la responsabilité du secteur offensif espagnol. Et ce sont les deux milieux de terrain du Barça qui ont brillamment repris le flambeau, alors que Torres était bien muselé par la défense russe.

À ce tableau idyllique s'est greffée une nouvelle nettement moins réjouissante pour la "Roja" : David Villa ne sera pas en mesure de participer à la finale de l'Euro face à l'Allemagne, ce dimanche à Vienne. C'est ce qu'a indiqué Luis Aragones, conscient de l'ampleur de la perte offensive pour son équipe. (AFP)