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Football

Les Bleus disjonctent...

J.-C.M.

Publié le - Mis à jour le

L’équipe de France, engagée au Mondial 2010 en Afrique du Sud, est au bord de la rupture. Nicolas Anelka, son attaquant, a été renvoyé pour avoir injurié le sélectionneur Raymond Domenech. Dimanche, ses coéquipiers ont refusé de s’entraîner, à 48 heures du match décisif face au pays hôte. Rappel des faits. Jeudi soir, l’équipe de France dispute son deuxième match de phase finale de Coupe du monde. Le premier, contre l’Uruguay, s’est soldé par un pâle match nul. Le deuxième par une défaite très nette contre le Mexique.

Deux prestations qui hypothèquent les chances des Coqs d’accéder aux huitièmes de finale et qui soulignent le malaise d’une sélection nationale en délicatesse avec son sport.

Samedi, le grand quotidien sportif français "L’Equipe" sort une bombe. En manchette, il cite les termes injurieux, orduriers même, par lesquels Nicolas Anelka s’est adressé, à la mi-temps du match contre les Mexicains, au sélectionneur Raymond Domenech lequel, d’après le quotidien, venait de lui demander fermement mais poliment de mieux respecter ses consignes sur le terrain.

Résultat de cette altercation : Anelka ne reparaîtra plus sur le terrain et sera remplacé par Gignac. Le lendemain, vendredi, il est à l’entraînement. Mais les révélations de "L’Equipe" vont changer la donne.

Après des heures d’atermoiements, la fédération française de football a pris, samedi, la décision d’exclure Anelka du tournoi. Non seulement parce qu’il a insulté son sélectionneur, mais aussi et surtout parce qu’il a refusé de s’excuser publiquement. Anelka a donc été contraint de quitter l’Afrique du Sud.

Le président de la Fédération, Jean-Pierre Escalettes, lui avait, en effet, demandé, en présence du capitaine Patrice Evra, de présenter des excuses officielles à l’opinion publique française et de manifester ses regrets devant Raymond Domenech, le staff et les 23 joueurs de l’équipe. "Devant le refus du joueur de se livrer à des excuses publiques, M. Escalettes a pris la décision, en plein accord avec le sélectionneur et les membres de la délégation officielle présents à Knysna, d’exclure Nicolas Anelka du groupe", précisait un communiqué de la FFF.

"Les propos tenus par Nicolas Anelka sont totalement inacceptables pour la FFF, le football français et les valeurs qu’ils défendent", concluait-il.

De son côté, Anelka a reconnu avoir eu "une discussion houleuse avec le sélectionneur". Il a dit accepter son exclusion mais a aussitôt affirmé que les propos rapportés par "L’Equipe" ne sont pas les siens. Pour lui, la discussion "n’aurait jamais dû sortir du vestiaire", ajoutant : "Je ne sais pas à qui cela peut faire du bien de répandre de telles choses, mais certainement pas aux Bleus."

Anelka s’est défendu d’avoir cherché à déstabiliser l’équipe de France, "une institution que je respecte et à laquelle je souhaite bonne chance".

Le joueur n’a pas voulu en dire plus, estimant que l’équipe avait une grosse échéance, mardi, contre l’Afrique du Sud.

De son côté, le capitaine des Bleus, Patrice Evra, a déclaré, samedi, qu’il fallait "éliminer du vestiaire le traître" à l’origine des révélations du journal "L’Equipe". "Je suis vraiment très touché parce qu’après le match contre le Mexique on avait déjà un gros problème, et là, on en rajoute, a affirmé Evra, en conférence de presse. Il n’y a pas une petite souris dans le vestiaire. Cela vient de quelqu’un qui est dans le groupe et qui veut du mal à l’équipe de France."

Ce message a été repris en substance, dimanche, par Franck Ribery alors que le sélectionneur national, Raymond Domenech, affirmait, de son côté, que les insultes proférées par Nicolas Anelka "n’entraient pas dans le cadre d’un affrontement mais qu’il s’agissait d’un problème normal de la vie d’un groupe sous pression".

Le sélectionneur a admis que l’attaquant de Chelsea "n’a pas réagi de la façon la plus adaptée, mais c’est le mec qui marmonne dans son coin, ça n’a pas d’importance. Ça a pris de l’importance parce que c’est à la Une d’un journal."

Pour autant, Raymond Domenech a estimé que la décision de la Fédération française d’exclure Anelka du groupe "est la bonne décision".

Dimanche, nouvel incident, les joueurs français refusant de s’entraîner en public, comme c’était prévu. Jean-Louis Valentin, directeur délégué de la Fédération auprès de l’équipe, a aussitôt annoncé sa démission. Par ailleurs, une altercation a eu lieu entre le capitaine Patrice Evra et le préparateur physique Robert Duverne. Raymond Domenech étant obligé de s’interposer. Tout cela à 48 heures du match de la dernière chance.

En marge de toute cette affaire, on a appris que l’enseigne de restauration rapide Quick va retirer les publicités avec Nicolas Anelka, "le temps que les esprits s’apaisent".

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