La France n'a déjà plus le droit à l'erreur ! Hier soir, les "Bleus" ont manqué d'imagination et n'ont jamais été capables de trouver la faille face à des Roumains bien organisés. Ceux qui pensaient que les joueurs des Carpates seraient un oiseau pour le chat dans ce groupe relevé se sont trompés. Tout comme ceux qui voyaient les troupes de Domenech comme favoris de cet Euro...

Comment expliquer cette prestation très décevante des Français ? Bien sûr, le sélectionneur était privé de Vieira et d'Henry. Evoquer ces blessures serait pourtant une mauvaise excuse. Car rien ne dit que le Barcelonais, en plein doute, aurait marqué. Et le noyau est suffisamment riche pour pallier à cette double absence.

Les problèmes actuels des "Bleus" sont avant tout offensifs : leurs attaquants ne sont jamais parvenus à véritablement peser sur la défense roumaine. Benzema a certes signé l'une ou l'autre jolie tentative, mais le Lyonnais semble encore trop tendre pour devenir le buteur salvateur de l'équipe. Quant à Anelka, il a manqué plusieurs tentatives et a confirmé sa méforme. Gomis a tenté d'apporter un plus, mais après sa montée il s'est retrouvé seul en pointe, dans un système qui n'a pas vraiment donné l'impression d'être le meilleur pour forcer une décision...

La France a également péché en jouant trop dans l'axe et en négligeant ses flancs. Pour ne rien arranger côté français, Ribéry a globalement été bien contrôlé par les Roumains et Sagnol a manqué trop de centres. Du côté gauche, Florent Malouda, hormis une bonne frappe, n'a pas réussi à faire la différence et il n'a pas reçu suffisamment de soutien d'Abidal.

Le diagnostic est sans équivoque : la France manque de confiance et de jeu en ce moment et les doutes nés durant la préparation sont désormais très épais.

Les "Bleus" se consoleront certainement en se disant qu'au Mondial 2006, ils n'avaient pas non plus été convaincants à leurs débuts et que cela ne les avait pas empêchés d'aller en finale. Mais la route de l'Euro est bien plus courte et les joueurs de l'Hexagone n'ont plus aucun droit à l'erreur. Raymond Domenech a du pain sur la planche s'il espère voir ses joueurs libérés contre les Pays-Bas, vendredi.