Après son fiasco au Mondial, l'équipe de France de football est arrivée jeudi à l'aéroport du Bourget, protégée par un impressionnant dispositif de sécurité, tandis que Thierry Henry devait se rendre à l'Elysée. Tenus à distance avec la presse, peu de supporteurs des Bleus étaient venus sur place exprimer leur rancoeur. Des joueurs ont été aperçus en train de récupérer leurs bagages au pied de l'avion jaune et bleu de la compagnie Europe Airpost qui s'était posé vers 11H50.

Thierry Henry était attendu à l'Elysée et devait s'y rendre à bord d'une voiture envoyée par la présidence de la République, a dit à l'AFP une source aéroportuaire. Une Renault Espace sombre, ressemblant à une voiture officielle et qui stationnait au pied de la passerelle de l'appareil, a effectivement quitté le tarmac, suivie par des motards, a constaté un journaliste de l'AFP. Franck Ribéry devait prendre un avion privé à destination de Munich, a-t-on dit de même source. Deux joueurs non identifiables, portant des sacs de sport ont été conduits en mini-bus vers deux petits jets qui étaient près de décoller, selon le journaliste de l'AFP.

Par ailleurs, deux autobus de débarquement transportant des joueurs et des membres de l'encadrement des Bleus se dirigeaient sous escorte de véhicules de la gendarmerie vers la sortie VIP de l'aéroport. Depuis jeudi matin, des véhicules de gendarmes mobiles et des cars de CRS étaient stationnés autour du terminal d'aviation d'affaires du Bourget et sur le tarmac. Une vingtaine de caméras de télévision et de télé-objectifs d'équipes de journalistes étaient alignés sur une terrasse d'un bâtiment du Musée de l'air et de l'espace du Bourget.

Les Bleus, sans Florent Malouda -arrivé jeudi matin à Londres, selon des images de la chaîne I-Télé-, ont quitté l'Afrique du Sud mercredi soir au lendemain d'une élimination du Mondial-2010 aux allures de désastre et à la veille de la grande explication attendue de tous les acteurs du fiasco. Au Bourget, très peu de supporteurs avaient fait le déplacement.

Un employé de la ville voisine de Dugny, Shérif Amdi, 32 ans, a jugé que les Bleus avaient "fait n'importe quoi" en Afrique du Sud. "Je leur dirai qu'ils ont +déconné+. Ils ont sali le maillot français", a-t-il estimé. Un autre fan, Marwan Attig, 35 ans, en compagnie de son enfant en poussette, est "venu assister au dernier épisode du feuilleton". "C'est tellement grave (...) Je ne leur dirai aucun mot. Dans ces cas-là, le silence est grand, tout le reste est faiblesse. Ce sont des irresponsables", a-t-il jugé. Mercredi, Nicolas Sarkozy a réclamé la tenue en octobre d'états généraux du football français et demandé au gouvernement de veiller à ce que les Bleus ne touchent "aucun avantage financier" après ce "désastre".

Le président de la République s'est entretenu avec François Fillon, son Premier ministre, Roselyne Bachelot, ministre des Sports et Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Sports, après ce tournoi catastrophique, sur et en dehors du terrain, qui a provoqué une vague planétaire de sarcasmes. L'Elysée avait en outre annoncé que le président de la République recevrait Thierry Henry, ex-capitaine des Bleus "jeudi dans la matinée" à l'Elysée. Henry, 123 sélections et 51 buts, participait à sa quatrième et dernière Coupe du monde avec les Bleus.