A vant Bordeaux, j'étais assez satisfait. Mais je le suis beaucoup moins aujourd'hui...»

A l'instar de son président Michel D'Hooghe, rigide de réprobation tout au long du voyage de retour, le directeur sportif du Club Brugeois Marc Degryse est rentré de Gironde commotionné. Pas davantage que ses joueurs, il n'a compris l'effondrement, totalement inattendu, d'une formation brugeoise devenue, brusquement, un authentique château de cartes.

«C'est comme si nous avions décrété, soudain, une opération portes ouvertes, fulminait Dany Verlinden. Et de notre propre autorité, encore bien! J'admets d'autant moins ce qui s'est passé que, pendant le repos, il n'avait jamais été question de jouer de la sorte. Timmy Simons a été laissé en rade. Birger Maertens, par exemple, a avoué qu'il avait été dépassé. C'est bien de le reconnaître. Mais c'eût été beaucoup mieux si nous ne devions pas admettre que nous avons livré une seconde période en dessous de tout!»

Les Girondins non plus n'en sont pas encore revenus. Ils se sont étonnés du manque de consistance du jeu brugeois.

Ne pas tout dilapider

«Au tour précédent, les modestes Polonais de Groclin nous avaient apporté, proportionnellement, une contradiction plus ferme que les Brugeois. Ces derniers ont joué exactement dans nos cordes: ils ont laissé quinze mètres entre leur attaque et leur ligne médiane et quinze autres mètres entre l'entrejeu et la défense. Ignoraient-ils que notre force est d'évoluer en bloc? Tant mieux pour nous. Nos chances de qualification se sont accrues d'autant car nous avons l'habitude de marquer en déplacement.»

Le championnat ne ménage pas le temps aux Brugeois de s'appesantir sur leurs mécomptes européens. «On n'est pas revenu du diable vauvert en six ou sept semaines pour tout dilapider en trois semaines!», s'insurge le capitaine brugeois. C'est sûr. Mais cette fois, les Brugeois paraissent ébranlés dans leurs assurances les plus affermies...

© Les Sports 2004