Le Club Brugeois passera l'hiver bien au chaud, dans le cocon étriqué de son petit championnat national. Il ne mérite pas autre chose. Il n'a décidément pas revêtu la carrure, cette saison, d'une formation de format européen. Ce groupe de Coupe de l'Uefa était à la portée du Bruges de Ligue des Champions, pas au Club qui n'a jamais bien négocié son parcours dans cette compétition secondaire. Hier soir, Bruges s'est laissé mystifier par une équipe aragonaise pourtant largement à sa portée. Trond Sollied avait remodelé son équipe. Sans succès. Et puis, une fois encore, l'entraîneur a beaucoup trop tardé à jouer son va-tout. Son coaching dans les grands matches laisse décidément à désirer.

Fêté avant le coup d'envoi pour son record interne de 50 matches européens comme coach du Club, Trond Sollied avait décelé une relative vulnérabilité des Espagnols dans le jeu aérien défensif. L'entraîneur norvégien avait dès lors choisi de réinstaller Clement dans l'entrejeu pour épauler Verheyen et Lange sur les balles hautes. Il avait aussi investi Ceh d'une mission plus spécifique de meneur de jeu, avait titularisé Gvozdenovic à sa place et confirmé Simons derrière.

Encore fallait-il que le Club prît le jeu à son compte et ne débutât pas noué à l'image, notamment, du trio Spilar-Van der Heyden-Gvozdenovic. Circonspect lui aussi, le Real se contenta simplement de monopoliser le ballon et de le faire circuler en occupant les espaces délaissés par ce Bruges trop frileux. A la 9e minute, Villa produisit un effort sur la gauche qu'il ponctua d'un envoi précis dans l'angle. D'une belle détente du poing, Butina empêcha que le Club courût déjà après le score. Le Club ne commença à s'ébrouer qu'à la demi-heure. Il s'aperçut alors que la défense aragonaise était statique. La sienne n'était pas vaillante non plus. À la 39e, Butina dut encore sortir le grand jeu pour enrayer une infiltration de Gracia. Ce n'était que partie remise. Une minute plus tard, sur un long centre de la droite, Savio gagna son duel de la tête avec De Cock et loba proprement Butina (0-1).

A la reprise, Roelandts relaya Gvozdenovic alors qu'on attendait Blondel, le feu follet créatif. Le Club allait-il enfin redevenir lui-même? Apathique depuis le début, le public ne commença à l'épauler qu'à l'approche de l'heure de jeu quand l'équipe locale fit mine de chercher à imposer sa puissance tout en continuant à donner l'impression que ses joueurs n'avaient jamais évolué ensemble. Le Club égalisa à la 69e, par Ceh, qui ponctua une infiltration sur le flanc droit (1-1). Utrecht ayant égalisé contre l'Austria, le Club redevenait qualifié. Il ne le resta pas longtemps. Il perdit bientôt Spilar, dont la rentrée, peu convaincante, fut écourtée pour cause de deux avertissements. Le Real Saragosse continua, lui, de multiplier les gains de temps. A la 79e, Lange se trébucha alors qu'il s'engageait, seul, vers le but adverse. Le Club ne jouait toujours pas son va-tout. Ce Bruges-là n'en était sans doute pas capable.

FC Bruges: Butina, De Cock, Simons, Spilar, Van der Heyden, Englebert, Clement, Ceh (87e Blondel), Gvozdenovic (46e Roelandts), Verheyen (88e Van Tornhout), Lange.

Real Saragosse: Garcia, Ponzio, Toledo, Alvaro Maior, Milito, Zapater (65e Soriano), Movilla, Gracia, Gonzalez (90e Falcon), Savio (62e Galletti), Villa.

Arbitre: M. Meyer (All.).

Cartes jaunes: Zapater, Clement, Spilar, De Cock, Savio, Simons, Garcian Galletti, Milito.

Exclusion: 77e Spilar (2 j.).

Les buts: 40e Savio (0-1); 69e Ceh (1-1).

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