Analyse

Certaines victoires peuvent marquer une carrière. C’est le cas, pour Marc Wilmots, de ce 0-3 forgé en Serbie, qui est sans aucun doute le plus beau résultat qu’il ait forcé en tant qu’entraîneur. Quelque peu critiqué par une partie des observateurs après le partage contre la Croatie, le sélectionneur n’a jamais voulu abandonner sa philosophie et cela a payé. Et puisqu’il faut rendre à César ce qui appartient à César, il faut aussi mettre en avant les mérites de Wilmots, qui a fait plusieurs très bons choix vendredi au Marakana.

1De Bruyne dans le onze de base : mettre De Bruyne sur le flanc droit s’est révélé être un coup de maître. Sentir qu’il était en forme était une chose, lui trouver un rôle où il pourrait avoir du rendement en était une autre, plus difficile. C’est là aussi qu’on voit que le travail de scouting réalisé par Wilmots et son staff pour suivre les Diables paie. De Bruyne a été le meilleur acteur sur la pelouse. Et ceux qui mettaient en doute son travail défensif ont vite eu le bec cloué : le rouquin du Werder Brême a impeccablement mis la pression sur Kolarov quand il le fallait.

2 Le replacement de Chadli : "Dans un match de haut niveau, un entraîneur doit être capable d’intervenir s’il le faut" , avait dit Marc Degryse avant le match. C’est justement ce que Wilmots a fait. Le sélectionneur a vite vu que Dembélé et Witsel étaient un peu submergés et après seulement huit minutes de jeu, il a replacé Eden Hazard sur le flanc gauche et remis Nacer Chadli dans l’axe. Le joueur de Twente n’a pas été le plus en vue mais il a beaucoup couru et son travail dans l’ombre a été précieux.

3 Le rappel à l’ordre de Jan Vertonghen : au cours des vingt premières minutes, Jan Vertonghen a souffert le martyr sur son flanc face à Tosic. A la mi-temps, Wilmots a recadré Vertonghen, il a su trouver les mots justes et le back gauche a réussi à sortir la tête de l’eau.

4 L’entrée au jeu de Mertens : il ne fallait pas être grand clerc pour voir qu’Hazard était un peu à côté de ses pompes. Mais Wilmots aurait encore pu attendre et il a finalement fait entrer Mertens très tôt en seconde période, avec le résultat que l’on connaît : le petit ailier a été très percutant sur les contres et s’est montré décisif. C’est aussi parce qu’il est entré face à des défenseurs usés. Mertens s’est quand même payé le luxe de faire courir Ivanovic ! Maintenant, Wilmots fait face à un sérieux dilemme, qui revient régulièrement : Dries Mertens ne mérite-t-il pas mieux qu’une place de joker de luxe ?

5 L’entrée au jeu de Mirallas : là encore, un changement gagnant pour Wilmots, qui a eu le nez fin mais qui parvient surtout à garder tout le monde concerné. Mirallas ne râlait pas le moins du monde de ne pas avoir eu plus de temps de jeu en quittant Belgrade. La gestion de son groupe et un autre des points forts actuels de Marc Wilmots.