Le constat est implacable : en renouvelant, en décembre 2007, le contrat de René Vandereycken, l’Union belge a perdu un an et demi. Elle l’a perdu, parce qu’à peine franchie la mi-parcours de la compétition qui devait la ramener sur la scène internationale, notre équipe nationale est déjà virtuellement éliminée. Que faire ? D’abord changer de guide. Partons d’un double postulat : la Belgique ne manque pas de talents et l’équipe A doit représenter, par essence, un produit fini. Elle n’est pas un laboratoire. Le successeur de René Vandereycken ne devra pas endormir l’opinion en prêchant, contre toute évidence, que "l’équipe ne méritait pas de perdre et qu’on a toutes les qualités pour réussir". Il ne devra plus duper en permanence son auditoire. Il devra, très vite, restaurer la confiance au sein de l’équipe nationale et autour d’elle.

Il devra récréer le lien entre le groupe et l’opinion publique. Par un vrai dialogue, vite étayé par les faits. Il devra générer des raisons concrètes d’y croire à nouveau. Il devra susciter la mobilisation générale des volontés et des énergies. Pourquoi n’y tendrait-il pas en ramenant dans le giron des Diables les grands anciens qui ont transcendé l’équipe nationale ?

Va-t-on, par exemple, se priver longtemps encore des conseils éclairés d’un Marc Wilmots alors que ce dernier est disponible ? Outre un vrai style de jeu, il devra faire émerger ces leaders acceptés par tous, ces coaches sur le terrain aptes à fouetter les énergies défaillantes et à recadrer tactiquement l’équipe. Ce qu’il pourra garder ? L’ossature de l’équipe existe. C’est l’unique legs de son prédécesseur. Il ne devra pas faire table rase mais sûrement privilégier une autre animation, plus ambitieuse.