Un audit interne explique pourquoi l’année de la Coupe du Monde a été tout sauf lucrative à la Maison de Verre.

La Fédération a fait des dépenses folles en 2014. Selon un audit interne, sur lequel Het Laatste Nieuws a pu mettre la main, une perte de 206.000 euros a été subie, alors que l’année aurait dû être lucrative grâce à la Coupe du Monde.

Heureusement, les comptes de l’aile francophone et flamande de l’Union belge ont équilibré le bilan. Selon Steven Martens, le bénéfice sera de 600.000 euros et les comptes annuels seront approuvés. Mais entre-temps, on peut se poser des questions par rapport à ces huit dépenses.


134.000€

L’Union belge avait reçu 1 million de subsides pour préparer l’Euro2020. 134.000 euros ont servi à organiser un voyage d’études durant le Mondial pour des personnalités politiques bruxelloises. Les mauvaises langues se demandent si c’était le but des subsides.


600.000€

Pour Boondoggle, un bureau de publicité pour avoir réalisé la campagne autour des Défis des Diables. Seul problème :il n’existe pas (encore) de contrat avec le bureau. “Nos factures étaient toutes justifiées et approuvées par la Fédé !”, dit la firme.


3.500.000€

Pour Sun Reizen. Certes, l’agence de voyage est sponsor des Diables Rouges et a dû régler beaucoup de vols, mais y a-t-il eu comparaison de prix avec d’autres agences concurrentes ?


300.000€

Pour l’hôtel des femmes des joueurs. Jusqu’à présent, c’était surtout cette somme gaspillée – la réservation de l’hôtel n’avait pas été annulée – qui avait provoqué le plus de remous.


1.580.000€

Pour I-cros, la firme de technologie informatique qui a digitalisé l’Union belge à la demande de Bob Madou, le Business Director de l’UB. Les feuilles de match digitalisées et la nouvelle application Belgium Football en sont deux exemples. Le coût total s’élèvera à 3,82 millions alors qu’il n’existe même pas de contrat.


80.000€

Pour des bonus. En avril, certains membres du personnel ont reçu des bonus et des hausses salariales. En tout, cela fait une somme d’environ 80.000 euros. Le coût salarial, lui, est monté de 20 à 22 millions, alors qu’il était encore de 16 millions en 2012 et de 20 millions en 2013.


250.000€

Pour Bonka Circus, la boîte de production de Vincent Kompany (il en est l’actionnaire principal), qui s’est chargée de la production de la série Les Diables au Coeur a facturé 250.000 euros alors que 50.000 euros étaient prévus dans le contrat. “On a facturé à la VRT et la RTBF”, précise Bonka Circus.


80.000€

Pour Marc Wilmots. Via sa société Rema, le coach fédéral a facturé – avec l’accord de la Fédération – cette somme pour avoir figuré dans Les Diables au Cœur, qui a utilisé son droit d’image. “Les joueurs avaient conclu un accord collectif pour le droit d’image, mais Wilmots n’en faisait pas partie”, explique la Fédération.

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7,4 millions pour joueurs et staff

La qualification pour les quarts de finale au Mondial a rapporté une prime de 10,2 millions de la Fifa. Une grosse partie du budget a été bouffée par les Diables Rouges. Selon le rapport interne, l’année 2014 a rapporté 7,4 millions d’euros : une somme allant aux joueurs et au staff.

Les primes étaient très élevées et elles seront les mêmes à l’Euro 2016 et au Mondial 2018. Et puis, il y a les droits d’image. 1,1 million serait bloqué sur un compte, parce que le département financier de l’Union belge ne sait pas comment il doit les verser aux joueurs. La Fédération veut éviter une situation comme celle qui a mis en difficultés les coureurs cyclistes de Quick Step : payés via des sociétés au Luxembourg. Cela avait incité les services de contributions belges à ouvrir une enquête.

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