Aimé Anthuenis avait passé une nuit très courte avant de retrouver la presse au Heysel, hier matin. En 2004, les Diables Rouges ont pris cinq buts en deux matchs, certes contre la France et l'Allemagne, ils n'en ont pas inscrit un seul et, surtout, ils n'ont montré que peu de choses -pour ne pas dire rien- en 180 minutes contre deux ténors du football mondial. «Il m'est difficile de dire que je suis satisfait, concède le sélectionneur. Quand deux boxeurs de niveaux très différents se retrouvent sur le ring, les faiblesses du moins bon se voient de manière criante.» Les faiblesses des Diables, passons-les en revue.

Le physique. Anthuenis l'a déjà dit dix mille fois: au plus haut niveau, la technique seule ne sert à rien, si elle n'est pas servie par des moyens physiques sérieux. Contre la France et en Allemagne, les Belges ont paru bien légers contre la puissance adverse. «Je ne peux pas y changer grand-chose! Ce genre d'élément dépend surtout de l'état de forme mais, en équipe nationale, on a les joueurs à disposition deux jours, au mieux une semaine. Et la remarque est souvent la même: ceux qui jouent en Belgique sont un peu fatigués en cette fin de saison parce qu'ils ont beaucoup donné, ceux qui évoluent à l'étranger manquent de rythme parce qu'ils sont souvent sur le banc.»

Le manque de talent. «Je n'ai pas de Maradona à disposition, c'est vrai. Mais il ne faut pas tout jeter en bloc après deux défaites contre des formations plus fortes! En octobre, malgré l'élimination, on a réalisé plusieurs belles performances et tout le monde disait que l'avenir était rose. On a peut-être exagéré certaines facettes de notre potentiel et minimisé d'autres, mais je reste serein. Je le répète: mon choix d'un programme aussi difficile, je l'assume. La France et l'Allemagne ne sont pas à notre portée mais c'est en jouant contre de telles équipes qu'on tirera des enseignements pour s'améliorer.»

L'aspect tactique. Il était peut-être naïf de maintenir le 4-4-2 contre la France et en Allemagne alors que plusieurs titulaires incontestables étaient absents. C'est vrai. Mais faut-il vraiment bétonner pour accrocher un résultat lors de matchs amicaux? «J'assume tous mes choix: Van Damme était l'un des meilleurs contre la France, il méritait une autre chance. Blondel aligné contre nature? Il a déjà joué dans cette position, et puis il avait un rôle libre. On peut tourner le débat dans tous les sens: notre prestation s'explique surtout par la qualité de l'adversaire, l'absence de quelques joueurs et l'état de forme précaire de certains autres.»

Les solutions de rechange. «Vermant? Il joue milieu défensif à Schalke. Van Kerckhoven? Il a mis du temps à se remettre d'une blessure sérieuse au genou. Quand on rajeunit les cadres, il faut être patient, j'en suis conscient, même si une équipe nationale doit toujours bien jouer. Mais ce qui compte, c'est que l'équipe soit prête en septembre prochain. Je ne me voile pas la face mais je n'oublie pas qu'il ne s'agit que de rencontres amicales. Contre des formations de pointe qui préparent l' Euro...»

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