La tâche des Diablotins s'annoncait accessible, ce soir, à Heerenveen: un match nul, "pour être sûr". L'exploit en vue: les J.O. de Pékin en 2008, un rêve devenu accessible. L'adversaire: les Pays-Bas et ses "Jong Oranje", tenants du titre. Premiers du groupe, ils étaient déjà sûrs de participer aux demi-finales de mercredi. Un nul suffisait aux deux équipes, mais aucune d'entre elles ne comptait laisser le match à son adversaire.

Jean-François de Sart avait introduit Tom De Mul sur le flanc droit de son équipe, et recentré Anthony Vanden Borre; tandis que Jonathan Blondel débutait sur le banc. Les trois autres changements étaient dictés par les circonstances, à savoir l'indisponibilité de Thomas Vermaelen, doublé par Laurent Ciman dans la défense centrale, et les suspensions de Marouane Fellaini et Jan Vertonghen, qui profitaient comme prévu à Faris Haroun et Kilian Overmeire dans l'entre-jeu.

Le début de la première mi-temps était largement à la faveur des Pays-Bas, qui se montraient plusieurs fois très dangereux devant Bailly. La défense belge tenait bon. A la 9e minute cependant, Mirallas, sur la première occasion des Diablotins, déviait superbement de la tête un centre parfait de De Mul. La Belgique menait contre le cours du jeu, mais les Oranje étaient loin de s'avouer vaincus et égalisaient 3 minutes plus tard via Rigters, isolé dans le grand rectangle. L'intensité diminuait ensuite, les Pays-Bas montrant de très belles choses et confirmant leur statut de favoris. A la 37e, sur une faute stupide, Drenthe frappait un coup franc apparament simple, mais Bailly ne pouvait que le dévier dans ses buts. A ce moment de la partie, le Portugal, menant 2-0, prenait la 2e place des Belges grâce à la différence de buts.

Tout donner en 2e mi-temps

Les Diablotins devaient donc tout donner dans la 2e période. Mais les Oranje continuaient le pressing, mettant définitivement fin aux rumeurs selon lesquelles un nul était "arrangé". Bailly évitait à 2 reprises le naufrage de l'équipe belge. Mais nos "petits" Diables n'imitaient pas leurs aînés du noyeau A: Pocognoli, en débordement sur la gauche, trouait Vermeer d'un tir en puissance à 20 minutes du terme. Les Diablotins étaient à nouveau en demi-finale. Les deux équipes semblaient ensuite se contenter du score, malgré un arrêt capital de Bailly à 4 minutes du coup de sifflet final.

"Noyés en première mi-temps"

Nicolas Lombaerts s’est encore révélé comme le patron de la défense hier. Il est, sans doute, le meilleur joueur belge depuis le début du tournoi. "En début de rencontre, nous étions complètement noyés, surtout en milieu de terrain et sur les flancs", reconnaît le défenseur de La Gantoise. "Nous devons admettre que les Pays-Bas ont été meilleurs que nous ce soir". "Nous ne sommes pas parvenus à reproduire nos prestations précédentes. Dans tous les secteurs, nous étions un peu courts et nous ne sommes pas parvenus à sortir de notre camp. Heureusement, ce but brillant de Pocognoli nous a sortis de cette impasse. Ce que les Portugais vont en penser ? Je ne pense pas que les Pays-Bas préféraient notre qualification."

Le Portugal, en dépit de son "carton", 4-0 (2-0) contre Israël, est éliminé, mais peut encore espérer disputer le match de barrage pour un ticket olympique, jeudi (20h45) à Nimègue, si l'Angleterre accède à son tour au dernier carré dimanche. La Belgique et les Pays-Bas se retrouveront peut-être en finale samedi (20h45) à l'Euroborg de Groningue...

Un exploit doublement historique

Nos jeunes Diables ont une nouvelle fois étonné par leur engagement, leur condition, leur jeu et leur mental. Déjà qualifiéé pour les J.O. de 2008, la Belgique peut maintenant rêver d'une place en finale et, pourquoi pas, d'un titre européen. Sur sa route se dresse la Serbie, première du groupe B et impressionnante de constance.

Rappelons que cette qualification est doublement historique: plus aucun sport collectif belge n'avait atteint les J.O. depuis nos hockeyeurs en 1976, et cela faisait 80 ans que le football belge n'y était plus représenté. De plus, jamais les Diablotins n'avaient atteint ce stade de l'Euro.