En sortant de la réunion marathon qui les a réunis lundi soir à Bruxelles, les responsables de la Commission européenne, de la Fédération internationale de football et de l'Union européenne de foot se sont dit satisfaits des accords obtenus sur la réforme du système des transferts des footballeurs.

A la lecture de ces accords, on ne peut que s'étonner de cette satisfaction. La Commission européenne a certes fait en sorte d'obliger les instances du football à respecter certains principes mais elle a laissé à ces dernières pleine latitude pour les appliquer.

Ainsi, il a été décidé que, pour les joueurs de moins de 23 ans, il fallait qu'un système de compensation de formation soit mis en place pour encourager et récompenser l'effort des clubs dits formateurs. L'idée n'est pas mauvaise mais les détails n'ayant pas été précisés, on ne peut être certain que le monde du football fera en sorte de rencontrer les souhaits émis.

De même, il y aura un système de compensation financière en cas de rupture unilatérale d'un contrat. Ce système, qui sera élaboré par la Fifa et l'UEFA, pourrait très bien être caduc puisque si c'est un joueur qui casse le contrat, ce sera évidemment son nouveau club qui prendra à sa charge la compensation.

De plus, les transferts colossaux seront toujours possibles et rien n'a été fait pour réguler les dérives actuelles.

Deux points semblent être plus heureux, qui fixent au seul été (et une partie de l'hiver pour certains cas restreints) la période de transfert et qui ne permet qu'un seul changement de club par an.

Ces deux mesures devraient permettre d'éviter des championnats chaotiques qui voient actuellement les joueurs passer d'un club à l'autre sans même que les supporters desdits clubs s'en rendent compte.

Reste que, après vingt-quatre mois de tergiversations, ces accords apparaissent bien faibles d'autant que rien ne dit qu'ils ne déboucheront pas sur des recours aux tribunaux nationaux.

Le plus choquant est cependant la réaction des joueurs qui, par l'intermédiaire de leur syndicat la Fifpro critiquent ces accords et menacent même de faire grève. La Fifpro, répète qu'elle est opposée à toute sanction sportive en cas de rupture de contrat et au principe du respect des contrats par le joueur durant une période de trois ans.

Cette attitude est choquante parce que la Fifpro ne représente manifestement que les plus riches d'entre les joueurs et que ces derniers ne se soucient clairement pas des clubs pour lesquels ils jouent ni, donc, de leurs supporters. Seuls semblent en effet leur importer leur salaire et le montant de leur transfert.

© La Libre Belgique 2001