Zidane a terminé sa fabuleuse carrière sur un coup de tête. Celui qu'il a porté, dans la seconde mi-temps des prolongations, à la poitrine de Materazzi. L’expulsion – une de trop – du meilleur joueur du tournoi s’imposait. Trezeguet, lui, a failli dans l’exercice des tirs au but. Comme il était le seul, l’Italie a renoué avec la victoire suprême, vingt-quatre ans après son précédent triomphe.

La France a-t-elle cru, trop tôt, qu’elle avait pris option sur un second sacre ? Peut-être, quand Malouda produisit un bref mais percutant effort personnel qui le mena, très vite, dans le rectangle. Cannavaro sur sa gauche et Materazzi sur la droite l’escortèrent. Le second cité tenta d’intervenir en lançant sa jambe gauche en direction du médian offensif lyonnais. Mal lui en prit : il le bouscula et commit l’irréparable. Buffon crut que Zidane, comme contre le Portugal, allait délivrer la même sentence suprême. Mais Zizou est un filou : il choisit l’autre coin et le plafond du but.

Le ballon retomba nettement derrière la ligne (0-1). Materazzi avait-il commis l’irréparable, dans une première mi-temps tendue à l’extrême, qui n’allait pas inciter les équipes à se livrer vraiment ? Non, car il allait bientôt se racheter. Sur un coup de coin délivré par Camoranesi, il sauta plus haut que son opposant et, de l’angle du petit rectangle, fusilla Barthez de la tête (1-1). L’Italie s’était libérée avant la France. À la 35e, sur un coup de coin de Pirlo, le coup de tête du même Toni rebondit sur la transversale. Pour la première fois peut-être dans ce tournoi, la France avait donné de la bande en défense. Plus soudée, l’Italie semblait, au repos, avoir pris un léger ascendant dans une finale qui, jusque-là, avait manqué d’envolée.

La seconde période se révéla d’un tout autre tonneau. Les deux équipes semblèrent avoir laissé la tension au vestiaire. Elles s’assenèrent coup sur coup, sans temps mort, faisant basculer le jeu d’un rectangle à l’autre sans transition : Henry répondit à un but, annulé, de Toni par un envoi de près que Buffon dévia. La France paraissait plus audacieuse, l’Italie plus posée et, peut-être, plus sereine. Un coup franc de Pirlo, dans l’axe, caressa le montant droit du but de Barthez. Ni l’une, ni l’autre n’ayant baissé sa garde, elles s’engagèrent dans les prolongations. Ribéry faillit signer l’exploit à la 99e. À la 104e, sur centre de Signol, Buffon dévia un coup de tête de Zidane qui, avec un autre gardien, aurait fait mouche. Frustré, peut-être, Zidane commit alors l’inadmissible. Les prolongations ne donnèrent rien. Pirlo, Wiltord, Materazzi, De Rossi, Del Piero, Sagnol et Grosso réussirent leur tir au but. Trezeguet tira sur le dessous de la transversale...