C'était, samedi dernier, l'un des plus calmes dans la délégation montoise au stade Machtens, mais Dominique Leone n'en est pas moins outré par ce qu'il a vu. Presque une semaine après un match Brussels-Mons sujet à beaucoup de polémiques, il ronge toujours son frein pour ne pas aller trop loin dans ses propos: «Je suis président de club. Que ceux qui ont vu ce match fassent les commentaires à ma place. Je dis juste qu'on a été mal payés pour notre prestation. Et que le football belge est à l'image de son équipe nationale.»

Le débat n'est certainement pas clos. Mais on peut comprendre aisément la détresse de quelqu'un qui remplit bien plus qu'un rôle honorifique: «Les gens doivent comprendre que des «cochons payeurs» comme moi, qui dépensent du temps et de l'argent pour stabiliser leur club en D 1, ne croient plus en leurs investissements quand ils voient des choses comme celles-là. On a été maladroit, d'accord. Mais faut-il être puni injustement une 2 e fois? Je suis très triste actuellement, et la seule chose que j'espère, c'est que je vais m'en sortir et qu'on restera en D 1. Je compte énormément sur les supporters pour cela.»

Comme il ne saura de toute façon plus rien y faire, l'industriel préfère tourner la page et penser à celle que ses joueurs ouvriront ce soir sur le coup de 20h30: «Je veux des guerriers qui se battront à du 1000pc. La défaite est impossible. Cette équipe est prenable. On a été faire 2-2 là-bas avec l'équipe du premier tour. On ne s'est pas emballé trop vite non plus en janvier. Parce qu'on ne gagne pas des matches comme on l'a fait si on n'a pas de talent. On traverse une période de malchance, c'est certain. Et quand tu dois jouer deux matches à dix, ça devient très dur.» Le récent succès du Racing Genk face au leader de la compétition n'est pas synonyme de crainte pour le président: «D'accord, mais la semaine précédente, ils avaient été battus au GBA. Ça ne veut donc rien dire. C'est une bonne équipe, c'est vrai, mais je répète qu'on peut passer.»

L'entraîneur Jos Daerden, lui, ne veut pas entendre parler d'un creux traversé par son équipe pour le moment: «On n'a pas été récompensé de nos efforts lors des quatre derniers matches. A chaque fois, on a fait au moins jeu égal avec l'adversaire. Les points ? Ça va finir par revenir.» Il est grand temps. Et ça ne sera pourtant pas simple de faire le plein face à une formation en pleine confiance: «Ils jouent pour rester compétitifs et doivent prendre des points en déplacement. Est-ce pour ça qu'ils joueront offensivement? Je n'en sais rien. Il y a beaucoup d'enjeux, mais ils auraient encore eu plus de pression s'ils avaient joué en Coupe et avaient été sortis.»

Mons aime les équipes qui jouent au football, mais ce n'est pas pour cela que ce sera plus simple: «Genk est en haut du classement et ça veut dire qu'il a des qualités. Pour nous, cela ne change rien. Depuis Saint- Trond, on n'est jamais monté sur le terrain avec l'idée qu'on ne voulait pas perdre. On a toujours joué pour gagner. Et ça ne changera pas ce vendredi. Certains font déjà des calculs pour nous. Tant mieux, mais ça n'est pas mon cas.» Avec ce qu'ils ont montré face à Bruges, Engelaar et Vandenbergh devront faire l'objet d'une grande attention: «On verra sur le terrain comment les contrer. J'éprouve du respect pour Genk, pas de la peur.»

LES ÉQUIPES

Mons: Willockx, Milas, Behi, Billy, Vervalle, Schaessens, Junior, La Placa, Ingrao, Goussé, Njock.

Genk: Moons, Matoukou, Mikulic, Sigurdsson, Priske, Wamfor, Daerden, Chatelle, Vandenbergh, Engelaar.

Arbitre: M. Vervecken.

Direct Be1.

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