On en viendrait presque à parler d’un marronnier si le cachet des lieux n’imposait pas une curieuse forme de respect. Comme il en va des visites royales et des passages obligés, les joueurs courtisés par le Sporting d’Anderlecht se voient aujourd’hui offrir une balade dans le centre d’entraînement de Neerpede qui a désormais quitté ses derniers airs de chantier.

Neerpede : un joyau footballistique que les amateurs d’art ancien auraient sans doute tôt fait de démonter mais qui aura sans doute constitué l’un des meilleurs moyens de convaincre le Brésilien Kleber de signer. Venu de Porto, avec dans ses papiers, une sélection internationale, celui qui aurait dû être le nouvel attaquant du Sporting (Porto décidait hier d’attaquer Anderlecht devant la Fifa) aura, au détour de sa visite des installations, été l’objet de la nouvelle politique anderlechtoise : celle qui consiste à adosser aux jeunes sortis du centre de formation (Praet et Bruno n’étant que les premiers "imprimés" de l’ère van den Brom) des valeurs internationalement reconnues sur lesquelles Herman Van Holsbeeck se refusait encore (voilà quelques mois) à fantasmer.

Pour convaincre les Kleber ou De Zeeuw de s’engager au Parc Astrid, la visite de Neerpede ne constitue pourtant que le dernier atout "charme", celui censé forcer la décision et le respect. A la sortie du centre de formation, Kleber n’avait d’ailleurs pas feint son admiration tandis que Laurens De Bock (devenu Brugeois dans l’intervalle) s’était lui aussi aimablement laissé guidé par le président Vanden Stock à l’intérieur du centre, non sans une certaine fierté.

Réseau et carnet d’adresse

Mais le nouvel attrait international du Sporting (qu’il convient naturellement de relativiser) tient sa raison d’être bien ailleurs que dans l’excellence de son "immobilier". Bien épaulé aussi par sa présence en Ligue des Champions, Anderlecht aura surtout misé sur des nouveaux réseaux pour convaincre certains joueurs d’arriver. "Contrairement à Ariël Jacobs, John van den Brom possède un véritable carnet d’adresses", nous avait confié dès l’été Herman Van Holsbeeck . "Quand on vient des Pays-Bas, on connaît directement des gens qui ont joué dans tous les grands championnats." Avec le transfert de Bram Nuytinck puis les intérêts portés à des joueurs comme De Zeeuw et Brama, "vdB" avait toutefois donné l’impression de limiter son réseau au seul horizon des Pays-Bas. Quelques mois plus tard, force est désormais de changer de constat. Van den Brom possède des amis dans tous les ports, qu’ils soient nordiques ou portugais.

Un atout considérable pour une direction anderlechtoise qui entend aussi s’appuyer sur les relations prestigieuses d’agents comme Mogi Bayat ou Sören Lerby pour s’attaquer à sa nouvelle politique : dénicher des joueurs renommés.