L'Argentine et les Pays-Bas s'affronteront mercredi à Sao Paulo en demi-finale du Mondial-2014, pour une réédition de la finale de 1978, remportée à domicile par les Argentins.

Les Néerlandais se sont qualifiées dans la douleur samedi à Salvador en battant aux tirs au but le Costa Rica (0-0, 4 t.a.b. 3), surprenant premier du "groupe de la mort" (Uruguay, Italie, Angleterre) et tombeur de la Grèce en 8e de finale.

L'excellent gardien Keylor Navas, à nouveau auteur d'un match exceptionnel, n'a pu sauver les siens après les tirs au but manqués par son capitaine Bryan Ruiz et par Michael Umana devant Tim Krul, entré en jeu pour les tirs au but.

Pour accéder à leur quatrième finale de Coupe du monde, après celles de 1974, 1978 et 2010, les hommes de Louis van Gaal devront battre l'Argentine, qui a écarté la Belgique samedi à Brasilia (1-0) grâce à Higuain.

L'autre demi-finale opposera, mardi à Belo Horizonte, l'Allemagne et le Brésil, qui a perdu son attaquant vedette Neymar, victime d'une fracture d'une vertèbre et forfait jusqu'à la fin du tournoi.

A Salvador, la meilleure attaque du tournoi, portée samedi par le trio Depay, Robben et von Persie, a buté sur Navas, révélation du Mondial dans le but costaricien.

Le gardien de Levante (Espagne) a notamment repoussé les tirs de Robin van Persie (22, 84), Memphis Depay (29), et un coup franc direct de Wesley Snjeider (39). Il est sorti dans les pieds de van Persie (42) et s'est envolé pour sortir une tête de Ron Vlaar (94).

En fin de match, il a été sauvé par son poteau (82) et sa barre transversale (119) sur des tentatives de Sneijder, et par son milieu Yeltsin Tejeda (90+3) qui, sur la ligne de but, a repoussé sur la barre une frappe de van Persie!

Le Costa Rica, petit pays d'Amérique centrale de quelque 4,6 millions d'habitants, n'a quasiment jamais inquiété la défense Oranje, sauf quand Joel Campbell (60) et Marcos Urena (98) se sont écroulés dans la surface après un contact avec un défenseur.

Les Ticos ont d'ailleurs attendu la 117e minute pour cadrer leur première frappe !

Argentins et Néerlandais s'affronteront mercredi pour la cinquième fois en Coupe du monde. En 1978, l'Albiceleste s'était imposée en finale, à Buenos Aires, avec notamment un doublé de Mario Kempes (3-1 a.p.).

Jorge Luis Pinto: "le Costa Rica peut être fier"

Le sélectionneur du Costa Rica, Jorge Luis Pinto, était "heureux et fier" de la prestation de ses joueurs qui "ont montré une visage positif et digne du pays et de son football" durant le Mondial, a-t-il déclaré samedi soir à Salvador.

M. Pinto, quel est votre sentiment après cette élimination ?

"Nous nous sentons heureux. Il n'y a pas de tristesse mais de la joie d'avoir été ici. Merci aux Brésiliens qui nous ont soutenus. Merci au public de toutes les villes. Personne ne croyait en nous sauf tous ces gens peut-être. Mais on a réussi de superbes choses. On a joué contre de grandes formations. Mes joueurs ont été admirables. Nous n'avons pas à rougir de notre prestation".

Q: Quel est l'héritage que vous laissez au foot costaricien ?

"Nous avons prouvé que nous pouvions faire jeu égal avec les grandes nations. Nous avons fait preuve de puissance physique, d'engagement. Et nous avons proposé du beau football. Nous avons montré une visage positif et digne du pays et de son football. Le peuple costaricien doit être fier de son équipe nationale. Nous étions venus avec beaucoup de respect pour l'Italie, l'Angleterre et l'Uruguay mais nous n'avons eu peur de personne".

Echouer aux tirs au but est ce qu'il y a de plus frustrant ?

"Oui car les tirs au but c'est souvent une question de chance. Dommage car on a montré un beau spectacle face à une équipe composée de joueurs qui évoluent dans les grands championnats. On était bien dans le match, parfois chanceux mais nous avons eu nous aussi des possibilités de l'emporter".

Qu'avez-vous dit à Robben à la fin du match ? 

"Je lui au dit qu'il aurait pu nous laisser gagner lui qui a déjà tellement remporté de prix. C'est un excellent joueur. Je l'ai félicité pour son gros match".

Le changement de gardien chez les Néerlandais à la 120e minute a-t-il eu un effet psychologique sur vos joueurs ?

"Krul est peut-être un spécialiste des pénaltys, je ne sais pas. Un tel changement, je n'avais jamais vu cela avant. Mais cela ne nous a pas intimidé. Il a certes stoppé deux tirs au but mais c'est une question de chance comme souvent dans cet exercice".

Votre défense à cinq n'aura finalement concédé que deux buts en cinq matches?

"Ce n'est pas seulement la défense à cinq qui nous rendait imperméable mais le travail de toute l'équipe et d'un grand gardien (Navas). Tout le monde presse l'adversaire. On a souvent perdu la balle bêtement mais globalement, on a toujours bien résisté. On a joué cinq matches et concédé deux buts dont un sur penalty. Notre défense, c'est onze joueurs".

Un mot sur Navas, à nouveau incroyable, mais qui n'a rien pu faire lors des tirs au but ?

"Navas a été le meilleur gardien du tournoi. Ce joueur ne pouvait pas tout arrêter. Je répète que pour stopper un tir au but, il faut de la chance. On ne peut pas toujours en avoir".


Le fin de la rencontre

Première réelle occasion pour les Pays-Bas après 22 minutes par l'entremise de Robin Van Persie mais sa frappe est renvoyée par Navas, déjà décisif.



Nouvelle possibilité batave, cette fois-ci sur coup franc, mais Navas détourne joliment la tentative de Sneijder.


En seconde période, c'est une encore une fois sur coup franc que les Pays-Bas vont se montrer dangereux mais le poteau de Navas vient au secours du Costa Rica. Pas de bol pour Sneijder.


Aux confins du temps réglementaire, Tejeda est à la bonne place pour contrer l'envoi de Van Persie.