ZAGREB Aimé Anthuenis, fidèle à son habitude, n'a pas fui ses responsabilités à l'issue de la lourde défaite concédée en Croatie. Point par point, le sélectionneur fédéral explique les circonstances qui ont conduit à un tel résultat. L'état de grâce d'Aimé n'aura duré que quelques mois, d'octobre à mars... La suite de la campagne s'annonce désormais très difficile.

Le match. «Je ne veux pas commenter le premier but, ça fait partie des circonstances d'un match. Mais, en première mi-temps, je n'ai pas vu d'autre occasion croate et si nous étions rentrés aux vestiaires avec le match nul, cela n'aurait pas été un vol, vu les occasions de Sonck et de De Cock. Techniquement, nous étions à la hauteur de notre adversaire. Mais le deuxième but, tombé très tôt en seconde période, a tué la rencontre. Après, mentalement, nous avons fléchi. Et la sortie de Valgaeren sur blessure a désorganisé totalement l'équipe. C'est le risque avec une formation jeune: quand rien ne va, on baisse les bras. Samedi, on a perdu les pédales.»

Les conséquences. «J'avais dit que les deux rencontres en Croatie et en Bulgarie allaient constituer autant d'examens pour nos gamins. Les choses ont le mérite d'être claires et on a vu la différence entre une équipe de haut niveau et des formations moyennes comme l'Algérie et Andorre. Tout est encore possible dans le groupe mais si la Bulgarie gagne son match en Estonie, pour moi, elle sera très difficile à rejoindre.»

Les choix. «Je crois avoir aligné l'équipe qu'il fallait. Personne, d'ail- leurs, n'avait discuté la sélection. Les changements? Baseggio était prêt à monter à 1-0 mais les Croates ont inscrit le deuxième but avant son entrée, ce qui changeait la donne. De Cock avait déjà un carton jaune et était en difficulté devant Rapaic, le meilleur Croate. Pour le reste, je ne veux condamner personne et montrer du doigt des coupables individuels. La défaite est collective, je me dois de replacer les choses dans un contexte global. Nous sommes remis à notre place, les pieds sur terre...»

«Y a-t-il d'autres solutions?»

L'adversaire.

«La Croatie se cherchait une équipe, elle l'a malheureusement peut-être trouvée contre nous. Les Croates ne marquaient plus depuis longtemps... Prso a peut-être résolu leurs problèmes. Je le répète, pendant cinquante minutes, nous avons au moins fait jeu égal mais, après le deuxième but, tout était trop facile pour eux: ils ont gagné tous les duels et ils ont des joueurs parfaits pour contrôler un match. Ce qui a fait la différence, c'est la puissance, certainement, mais aussi l'expérience et la maturité. Les Croates jouent depuis des années dans les plus grands championnats européens. Cette expérience est inégalable. En outre, les phases arrêtées de Rapaic nous ont fait très mal.J'avais beaucoup insisté sur ce point à la théorie mais la réalité, c'est évidemment autre chose...»

L'avenir. «Notre examen est raté, c'est sûr, mais j'avais dit avant le match que, quel que soit le résultat, il fallait continuer dans le même sens, avec le même groupe et le même état d'esprit. Je le répète aujourd'hui, malgré la cruauté des chiffres. De toute façon, je n'ai pas cinquante solutions de rechange... Certes, De Vlieger, Vanderhaeghe et Mbo Mpenza, pour une équipe comme la Belgique, constituent trois absences importantes. Mais il serait malhonnête de se cacher derrières des joueurs blessés pour expliquer la déroute. Je n'en ai pas le droit. Le boulot que j'ai accepté consiste à rajeunir les cadres tout en faisant des résultats. C'est un défi énorme à relever et je n'ai jamais dit que j'allais réussir en trois mois. Trouver une nouvelle équipe, ce n'est jamais une sinécure...»

© La Libre Belgique 2003