À une minute près, Anderlecht et... Westerlo auraient donc été les très grands bénéficiaires du week-end! Car si le Standard, ce matin, peut s'appuyer comme les deux clubs précités sur un total de six points en deux rencontres, il le doit à une fin de match épique du côté de Waregem, là où Dominique D'Onofrio a pu se rendre compte que la chance, cette fois, s'est rangée à ses côtés. Avec un brin de... malchance, le Standard, aujourd'hui, ne comptabiliserait, effectivement, peut-être qu'une seule unité! Il aurait suffi pour cela que l'arbitre, il y a huit jours, valide un but correct du Lierse, puis que la défense de Zulte-Waregem, dimanche, reste imperméable trois minutes de plus.

Mais pas davantage qu'on ne change une décision arbitrale on ne réécrit l'histoire d'un match. Et certainement pas celle d'un match que Conceição et ses équipiers ont eu la force morale et physique de faire basculer alors qu'ils étaient pourtant englués dans une prestation plus que moyenne. C'est peut-être là que se situe le coin de ciel bleu auquel les supporters du Standard vont pouvoir accrocher leurs plus belles illusions. Il y a douze mois encore, dans un contexte similaire, jamais, en effet, le Standard ne serait revenu de Flandres avec la victoire en guise de trophée. Toute une différence qui explique, aussi, pourquoi le Club Brugeois, loin de faire la course en tête comme à son habitude, aurait plutôt tendance à faire grise mine. La baraka qui l'accompagna longtemps la saison dernière semble, cette fois, le bouder. À commencer par cette ligne d'attaque qui, tant sur la scène nationale qu'européenne, peine à véritablement s'exprimer. Un silence coupable qui a coûté deux points aux Brugeois face au FC Brussels mais qui, surtout s'il se prolonge, pourrait lui barrer l'accès à la phase finale de la Ligue des Champions! Comme quoi, et c'est ce qui fait le charme du football, la vérité d'une saison est rarement celle de la suivante.

Car même s'il est un peu prématuré pour l'affirmer, on a quand même déjà la furieuse impression que Brugeois et Anderlechtois ont échangé les rôles qui étaient les leurs il y a douze mois encore. Vérité qui concerne aussi, d'ailleurs, des formations comme le Brussels ou La Louvière. À moins que la brutale mutation ne soit le fait de l'échange des... entraîneurs! Constant, et surtout constant dans la réussite et la confiance, c'est, à l'inverse, l'image véhiculée pour l'instant par Charleroi, dont le point conquis sur les terres du RC Genk confirme que cette formation est désormais habitée par une maturité collective qui va lui valoir, même face aux ténors, bien d'autres belles satisfactions sportives...

© Les Sports 2005