La faillite du Sporting d'Anderlecht en tour préliminaire de la Ligue des champions contre les Biélorusses de Bate Borisov est une illustration supplémentaire, et sans doute pas définitive, de la déliquescence du football belge, en état de mort clinique.

1 L'élimination des Mauves est-elle catastrophique sur les plans sportif et financier ? Oui, car le manque à gagner est énorme. Si le Sporting avait accédé à la Champion's League, il aurait reçu d'entrée de jeu 13 millions d'euros. S'il s'était qualifié contre Borisov, avait été sorti par Sofia et avait été versé en coupe de l'Uefa, il aurait malgré tout engrangé trois millions d'euros et davantage en cas de bon parcours.

Sur le plan sportif, le risque est, si le Levski Sofia accède à la Ligue des champions, de voir la Belgique, à la suite de la piètre campagne du Germinal Beerschot en coupe Intertoto, de l'élimination d'Anderlecht et du probable échec du Standard contre Liverpool, de reculer de la 15e à la 16e place dans le ranking européen et de passer derrière la Bulgarie.

Ce recul aurait pour conséquence, dès la saison 2009-2010, de réduire à un seul club la participation belge à la Ligue des champions. Ce club devrait passer par les tours préliminaires et perdrait, quel qu'il soit, le statut de tête de série. Le nombre de participants potentiels à la coupe de l'UEFA serait également réduit à trois.

2 Des joueurs vont-ils quitter le club ? Oui. Les dirigeants du Sporting ont été clairs. Entretenir une écurie de 30 joueurs pour ne disputer que le championnat est financièrement mission impossible. Il faudra donc "dégraisser".

Mais il est peu probable que le club puisse le faire à sa guise, en ne laissant partir que des seconds couteaux. Biglia et Polak, pour ne citer qu'eux, sont désormais candidats au départ et entendent rejoindre des cylindrées plus ronflantes.

3 Quelles sont les raisons de cet incroyable échec ? D'abord et avant tout, un manque cruel de talent, de sang-froid et de volonté d'un noyau aussi maladroit et apathique à Bruxelles qu'à Borisov. Ceux qui menaient le groupe la saison passée sont à la recherche d'eux-mêmes et leurs coéquipiers sont trop court.

Cet échec est aussi le résultat d'une mauvaise politique de transferts. Le noyau anderlechtois 2008-2009 est moins fort que celui de la saison passée et l'absence d'Hassan se fait déjà cruellement sentir. Des joueurs comme Kanu et Suarez ne sont pas encore à un niveau acceptable. La défense présente des lacunes inquiétantes et l'attaque semble beaucoup trop légère.

On comprend de plus en plus mal pourquoi les dirigeants ont laissé partir quelques poids lourds et n'ont pas musclé le compartiment offensif avant que la catastrophe soit consommée. Leur attentisme est coupable.

Comme l'est le fait d'avoir organisé une préparation beaucoup trop légère. Anderlecht, en juillet, n'a rencontré que des formations de seconde zone avant d'aller défier une équipe qui en est à une vingtaine de journées de championnat. Résultat : un manque flagrant d'explosivité et de références. Cela s'appelle une faute professionnelle.

Mais il est vrai que les dirigeants du club n'ont pas l'agenda dont disposait Constant Vanden Stock capable, sur un coup de fil, de décrocher une rencontre amicale contre n'importe quel cador.

4 Faut-il parler de manque d'intelligence ? Oui. Deux cartons rouges en deux matches qui, chaque fois, coupent bras et jambes à l'équipe, c'est scandaleux. La façon dont la défense a été roulée dans la farine par les attaquants biélorusses sur le premier but en dit long sur le manque de jugeote des joueurs mauves, plus occupés à critiquer l'arbitrage qu'à se concentrer sur leur jeu, et compensant leurs défaillances physiques et techniques non par un placement intelligent ou une solidarité rassurante mais par des fautes grossières et des gestes pathétiques, à l'image d'un Goor ou d'un Rnic.

5 Quelles sont les chances du Sporting d'être champion ? Elles demeurent importantes tant le niveau du championnat belge est moyen mais à la place d'Ariël Jacobs, on serait très inquiet. Car le mal mauve semble profond.