Quand on aime, on ne compte pas... les kilomètres. Hier, Daniel Van Buyten s'est levé à quatre heures du matin, après avoir joué la veille avec Marseille contre Monaco (1-1). Il a pris l'avion à sept heures en direction de Bruxelles puis a fait cent vingt kilomètres en voiture, jusque Laakdal, où les Diables rouges se sont entraînés hier, honorant un contrat qui les lie à leur équipementier, dont le siège social se trouve en Campine.

Inutile de préciser qu'hier soir, il a dormi sans avoir besoin de berceuse, avant de s'envoler, ce matin, pour Patras et de faire le chemin inverse dans la nuit de mercredi à jeudi....

Ce n'est pas une semaine facile, mais l'équipe nationale mérite bien quelques sacrifices, explique l'ancien défenseur du Standard. Pour moi, l'objectif principal, c'est la Coupe du monde. Avec Marseille, on est éliminé en Coupe de France, en Coupe de la Ligue, on est à six points de la relégation en championnat, beaucoup de joueurs se posent des questions sur leur avenir dans le club, tout cela n'est pas rose. Pour ma part, c'est le Mondial qui maintient ma motivation au maximum.

C'est le Mondial qui maintient ma motivation

De retour en équipe nationale contre la Norvège, Van Buyten a évidemment été confirmé dans le groupe qui se produira à Patras. Car après deux blessures, il a retrouvé son meilleur niveau sur la Cannebière.

Je suis arrivé blessé puis j'ai encouru une autre blessure en cours de saison. Le tout dans une équipe en pleine crise qui n'a pas atteint ses objectifs. Evidemment, on montre les transferts du doigt, mais malgré cela, je m'en suis bien sorti. C'est vrai que des événements très spéciaux se déroulent dans le club, on en parle régulièrement dans les journaux. Mais j'arrive plus ou moins à faire abstraction de tout cela pour me concentrer sur mon métier. Et l'ambiance dans le groupe reste correcte, malgré les remous du noyau.

Pour garder la tête froide et penser au football dans le club probablement le plus difficile d'Europe, Daniel a trouvé un soutien de choix: Franck Leboeuf, capitaine de l'OM.

Il m'a appris énormément, sur le terrain et en dehors. Il m'a encouragé à développer ma personnalité pour commander la défense avec lui, tout en soignant mon placement. Et en dehors du terrain, il m'apprend à relativiser les événements qui secouent le club. Il a beaucoup d'expérience et a déjà pris des coups sur la tête, il m'explique alors ce qui est important et ce qui est futile. Ses conseils sont très précieux. Au début, j'arrivais, je ne voulais pas passer pour un prétentieux qui veut apprendre le football aux autres. Avec le temps, j'ai pris de l'assurance, un peu comme je l'avais fait au Standard, en m'imposant après une année d'adaptation.

Demain soir, Van Buyten honorera sa quatrième sélection, seulement. Retardée par sa double blessure, son éclosion en équipe nationale reprend son cours. Avec peut-être un nouveau libéro aux côtés de Daniel. Après Van Meir et De Boeck, Clément ou Peeters pourraient former une nouvelle paire inédite avec le Marseillais.

C'est normal que l'entraîneur tente des choses en préparation. Pour moi, cela ne change rien...

© La Libre Belgique 2002