Samedi soir, Marcel Van Langenhove ne sera plus le dernier arbitre belge à avoir dirigé un match de phase finale d’une Coupe du Monde. C’était lors du Mondiale 90, le 17 juin à Palerme, et le Bruxellois n’avait inscrit aucun but sur son calepin de cet Égypte - Irlande.

Samedi donc, à Hambourg, Frank De Bleeckere mettra fin à seize années de disette. Notre compatriote a été choisi pour siffler le premier choc du Mondial entre l’Argentine de Messi et la Côte d’Ivoire d’Aruna Dindane, deux des équipes du groupe de la mort qui comprend aussi les Pays-Bas et la Serbie-et-Monténégro. De Bleeckere sera bien sûr assisté de Peter Hermans et de Walter Vromans.

Elizondo pour l’ouverture

C’est l’arbitre argentin Horacio Elizondo (42 ans) qui aura l’honneur de diriger le match d’ouverture entre l’Allemagne et le Costa Rica, vendredi (18 h 00) à Munich.

Ce week-end, les arbitres, désignés pour les seize premières rencontres de cette phase finale allemande, ont été au centre de tous les débats. Une nouvelle fois, Joseph Blatter s’est déclaré favorablement à ce qu’ils deviennent professionnels.

“Au centre des affaires, il y a toujours l’arbitre et l’arbitrage”, a dit le président de la Fifa, citant notamment les affaires qui ont récemment touché l’Allemagne (affaire Hoyzer), l’Italie (matches truqués dans le Calcio) et… notre pays. “Nous devons reconnaître que l’arbitre est seul, isolé, et c’est, peut-être, le maillon le plus faible de la grande chaîne du football. Si, en plus, il se retrouve impliqué dans un certain nombre d’affaires, la situation devient difficile. J’insiste : nous avons donc besoin d’arbitres professionnels. Peut-être seront-ils un peu moins faciles à intimider, pour ne pas employer un terme plus fort.” La commission des arbitres et la Task Force de la Fifa va se pencher sur ce sujet dès la fin du Mondial.

“La professionnalisation de l’arbitrage, on en discute depuis 10 ans”, a insisté Blatter. “Mais cela ne pourra pas se faire sans la volonté des arbitres et des ligues professionnelles. Dans les ligues, il y a assez d’argent pour payer les arbitres décemment…”

Comme toujours avant une compétition de cette ampleur, les arbitres présents en Allemagne ont reçu des consignes de sévérité. Seront particulièrement traqués cette année, les gestes dangereux pour l’intégrité des joueurs.

“Notre but n’est pas d’avertir ou d’exclure le plus de joueurs possible, nous voulons sanctionner les fautes de manière homogène”, a expliqué l’Allemand Markus Merk depuis le quartier général des arbitres à Neu-Isenburg. “Nous avons déjà averti les équipes des nouvelles règles. Nous voulons d’abord protéger les joueurs qui peuvent et qui veulent jouer au football.”

Haro sur les tacles, tirages de maillot et gestes d’antijeu

Les 21 arbitres titulaires, qui disposent désormais en plus de leur maillot jaune, rouge et noir d’une nouvelle tenue bleu roi, ont prévenu qu’ils ne toléreraient plus les tacles, les actes d’antijeu ou les tirages de maillots. Horacio Elizondo est bien décidé à montrer l’exemple dès vendredi. “Nous devons interdire les tacles durs, les interruptions pour gagner du temps et la simulation, qui était devenu la routine ces dernières années”, a prévenu l’Argentin.

Joseph Blatter a clairement demandé aux arbitres de laisser se développer le beau jeu : “Je leur ai dit : assurez la qualité du jeu et protégez les bons joueurs. Sur les conseils de la commission médicale de la Fifa, les coups de coude lors des duels aériens, cause de nombreux traumatismes, seront dorénavant plus sévèrement sanctionnés.”

Une charte pour l’éthique et le fair-play

Les arbitres, ainsi que tous les participants à ce Mondial (joueurs, officiels, entraîneurs,…) vont aussi devoir signer une déclaration où ils s’engagent à respecter le fair-play et l’éthique. Voici les points de cette déclaration :

1. Fair-play : “Je reconnais le fair-play comme règle suprême du jeu de football et m’engage à le respecter sans réserve. Je m’engage tout particulièrement à ne pas avoir recours à des moyens ou produits interdits visant à améliorer mes performances.”

2. Non-discrimination : “Je m’engage à avoir une attitude respectueuse et éthiquement irréprochable vis-à-vis des autres participants à la Coupe du monde. Je bannis tout comportement blessant, méprisant, discriminant et raciste, sur le terrain comme en dehors.”

3. Éthique : “Je m’engage à observer et à respecter le code d’éthique de la Fifa. Digne de ma fonction, je veillerai à me comporter […] de manière correcte, respectueuse et intègre envers la Fifa, le comité organisateur local et leurs membres, mais aussi envers les organismes étatiques et privés.”

4. Pari : “Je déclare ne prendre part à aucun jeu de hasard ou de paris directement ou indirectement lié à la Coupe du Monde. Je m’engage aussi à ce qu’aucun membre de ma famille ne soit impliqué dans ce genre de jeux.”

5. “Je m’engage à respecter ces principes comportementaux pour une Coupe du Monde saine.” L’éthique sera au centre du 56e congrès de la Fifa, qui se tient cette semaine à Munich. La création d’un comité d’éthique indépendant avec davantage de pouvoir sera discutée, sur base de 13 propositions, certaines concernant la prise de contrôle des clubs, d’autres les transferts de joueurs et les agents, ou encore la création d’un système de surveillance des paris sur internet.