ÉCLAIRAGE

Avouons-le, à une certaine époque pas si lointaine, la trajectoire suivie par le Standard de Liège avait de quoi faire sourire... L'observateur neutre, du moins, car les supporters du club phare de la Cité ardente n'ont jamais vraiment déserté les travées, même quand les Rouches étaient dans le creux de la vague. Les approximations et les coups de mou, qu'ils soient sportifs ou administratifs, le club en a connu depuis le début des eighties et les titres de 1982 et 1983, saupoudrés d'une finale de Coupe des Coupes en guise de cerise sur un gâteau, fût-il amer. Depuis, si l'on excepte une Coupe de Belgique en 93 et deux places de dauphin en 93 et 95 derrière le rival anderlechtois, le Standard avait pris l'habitude de conjuguer le verbe `déchanter´ à tous les temps, au grand dam de ses fidèles.

PREUD'HOMME COMME MESSIE?

Ce Standard cuvée 2001-2002 est-il un millésime? Peut-être même si en football, sans doute plus qu'ailleurs, la vérité d'un jour est rarement celle du lendemain... N'empêche, certains indices plaident pour une crédibilité enfin retrouvée. Sans parler d'un regain de professionnalisme qui se remarque dans les `périphériques´ de Sclessin (hôtesses, steward, catering...), il faut avouer que Michel Preud'Homme est en train de poser sa griffe sur une gestion sportive qui a longtemps laissé à désirer. En plus d'avoir le charisme - ce qu'avaient certains prédécesseurs-, Preud'Homme est un Rouche

dans l'âme, couplé à un grand professionnel. Sa carrière en tant que joueur ne nous démentira pas... Ce week-end encore, l'ex-meilleur gardien du monde, a prouvé qu'il ne badinait pas avec la discipline en écartant un Fouhami qui la prenait un peu trop à la légère.

Avec un douze sur douze, le Standard est l'équipe en forme du moment. D'aucuns se plaisent à imaginer leur équipe championne d'automne le 22 décembre, ironie du calendrier et clin d'oeil - certes improbable - à une régularité qui ne fut pas souvent leur marque de fabrique. Attention, les Rouches ont un calendrier apparemment favorable mais, comme on ne fait rien comme ailleurs en Principauté, c'est souvent quand la route semble tracée que les Standardmen biaisent dans les grandes largeurs.

Loin de nous l'idée de tirer des plans sur la comète, les Liégeois sont des romantiques mais ils tendent vers un certain pragmatisme synonyme de conquête de points sonnants davantage que trébuchants. Preud'Homme, dans son professionnalisme exacerbé ergote sur la manière mais, à l'instar de Rome, la construction d'un Standard crédible ne se fera pas en un jour. En attendant, les Liégeois ont une belle carte à abattre dans un championnat où, à la différence des saisons antérieures, rien ne semble devoir se figer.

`Le Standard champion!´ Plus qu'une expression sortie du diable vauvert, il s'agit désormais d'une probabilité parmi d'autres.

© La Libre Belgique 2001