Correspondante en Afrique du Sud

Beaucoup moins de tickets sont vendus pour les matchs des "Bafana Bafana" que ce qu’on a l’habitude de voir pour le pays hôte. En Allemagne, les tickets pour les matchs de l’équipe nationale allemande étaient les premiers partis. Ici, l’équipe sud-africaine ne fait même pas partie du "Top 10" en termes de tickets vendus, a déclaré ce mardi Danny Jordaan, président du comité d’organisation de la Coupe du Monde. Plus étonnant, les Sud-Africains eux-mêmes semblent plus intéressés par les matchs impliquant l’Angleterre ou le Brésil que par ceux de leur équipe nationale.

Il semblerait que ce soient les faibles performances des "Bafana Bafana" qui minent l’enthousiasme des supporters. L’équipe sud-africaine, qui avait gagné la Coupe d’Afrique des nations (Can) en 1996, était alors 20e au classement mondial. Actuellement, elle se situe à la 85e place, a perdu huit matches sur les onze derniers joués et ne s’est même pas qualifiée pour la Can 2010 qui se déroule actuellement en Angola. Ce sera donc la plus faible équipe présente dans cette Coupe du Monde.

Le prix des tickets constitue aussi un problème. Un effort a été fait afin de rendre ceux-ci plus abordables que lors des précédentes Coupes du Monde. Des billets de quatrième catégorie, réservés aux Sud-Africains, ont été mis en vente au prix de 140 rands (une dizaine d’euros). Cependant, dans un pays où 50 % de la population vit avec moins de 524 rands (48 euros) par mois, ceux-ci restent inaccessibles pour beaucoup. Ce problème est encore plus prégnant lorsqu’il s’agit des supporters issus des autres pays africains, qui ne profitent pas de ces billets à bas prix et doivent en plus ajouter le coût du voyage.

Sur les 3,1 millions de tickets disponibles, plus d’un million ont été vendus ou réservés. Mais parmi ceux-ci, moins d’un sur dix aurait été acheté par les supporters des cinq pays africains - outre l’Afrique du Sud - participant à la Coupe du Monde (Algérie, Côte d’Ivoire, Nigéria, Cameroun et Ghana). Les organisateurs, qui souhaitent que cette compétition soit une vitrine pour l’Afrique, craignent de voir l’événement se transformer en un rendez-vous sportif majoritairement occidental.