Au bout du compte et de tous les calculs de fin d’année, ce sont sans doute eux qui resteront d’une façon ou d’une autre dans la galerie des portraits. Pas forcément pour l’épaisseur de leur chéquier. Pas encore par leurs titre et leurs couronnes de lauriers. Bien davantage par les tendances au long souffle qu’ils semblent inspirer dans un football belge qu’on croyait encore voué aux feux et aux cendres voilà quelques années. 2012 s’achève mais de vrais tournants s’y sont peut-être glissés.

1 Les petits coaches ont grandi. C’est l’histoire d’un triptyque. De trois hommes aux noms soudainement associés par le hasard de l’histoire plutôt que par leur amitié. Hein Vanhaezebrouck, Peter Maes et Franky Dury ont pris leur revanche sur le snobisme des grands en menant Courtrai, Lokeren et Zulte-Waregem au sommet de la hiérarchie. Mais alors que l’exil vers les sommets constituait encore leur destin voilà quelques années (le passage Dury à Gand et Vanhaezebrouck à Genk l’avait d’ailleurs prouvé), le trio pense désormais à se sédentariser et à décliner les offres des grands clubs qui pourraient à l’avenir arriver. Maes vient de resigner à Lokeren jusqu’en 2016, Dury rêve d’un contrat de dix années à Zulte tandis que le seul Hein Vanhaezebrouck s’offre le droit de rêver à un avenir plus éloigné de Courtrai. Il est vrai que les problèmes financiers du club flandrien et la fin de contrat du grand Hein pourraient l’aider à quitter le stade des Eperons d’or en direction de la Gantoise où son contrat ne demande plus qu’à être signé.

2 La fin d’une classe moyenne. Le championnat belge n’est plus à un paradoxe près. Jamais la division 1 n’aura compté dans ses travées autant de joueurs étrangers. Mais, en face de cette tendance migratoire, les jeunes Belges n’auront jamais été aussi nombreux à percer. Sorte d’"Ecole des Champions" mise en forme loin des dessins animées, Zulte-Waregem symbolise aujourd’hui la réussite du "plan jeunes" sur lequel certains pontes de l’Union belge n’avaient que trop "baliverné". En quelques mois, le club de Patrick De Cuyper aura en effet permis au public de découvrir Thorgan Hazard, Junior Malanda, Bryan Verboom et Bruno Godeau (tous belges et âgés de moins de 20 ans). Mais alors que le nombre de jeunes et de footballeurs étrangers ne cesse de gonfler, l’avenir pourrait bien précipiter l’enterrement de la "classe moyenne de la D1". Soit toute une génération de bons joueurs belges, trop courts pour le sommet mais dont les quatre poumons plutôt que les deux pieds avaient jusqu’ici permis d’accrocher le wagon de la division 1. Ils risquent d’être de moins en moins nombreux demain

3 La victoire des clubs structurés. Le parcours hoquetant du Club brugeois et les dents de scie sur lesquelles la Gantoise semble continuellement s’écorcher ne doivent sans doute rien au hasard. 2012 aura vu le triomphe des clubs structurés. Que l’on songe à rapprocher la structure d’un projet (Zulte-Waregem et sa jeune garde), d’une philosophie (celle de van den Brom à Anderlecht) ou d’un plan financier (Genk, ses transferts, ses rentrées), les gagnants se situent bien de ce côté. Charleroi et sa nouvelle présidence ne devraient d’ailleurs pas tarder à rejoindre le peloton des vainqueurs au cours des prochains mois au vu du recadrage dont le club carolo fait désormais l’objet (grâce à Mhedi Bayat et Pierre-Yves Hendrickx entre autres). A quelques encablures de là, le Club de Bruges continue quant à lui de se chercher. A l’heure où Gretarsson vient désormais occuper le fauteuil coulant de directeur sportif dans la Venise du Nord, le président Verhaeghe continue de réformer sans s’arrêter. Mais perdu dans la réforme de la réforme, le Club continue de se chercher un projet et une identité. Reste que les échecs ne paraissent pas entacher une volonté qui manque cruellement à la direction gantoise. Gentiment abrités derrière le lancement du nouveau stade, les dirigeants de Gand continuent de pratiquer une gestion à l’ancienne. Quelques agents privilégiés, une cellule de recrutement contournée lorsque les amitiés s’en mêlent et une gestion désastreuse en termes de communication. 2013 sera l’année des bonnes résolutions.