BEVEREN Le championnat de Belgique ne mesure, sans doute, pas la chance qu'il a de compter dans sa compétition de tels talents comme Sergio Conceiço ou Milan Rapaic. Lorsque les deux joueurs sont bien disposés comme ils le furent samedi soir à Beveren, le football retrouve toute sa raison d'être un jeu plaisant et spectaculaire.

Car ces deux joueurs sont de véritables artistes lorsqu'ils s'appliquent à caresser le cuir et à lui imprégner une trajectoire parfois surprenante de luminosité, d'ingéniosité.

Mais même s'il fut prépondérant, le talent de ces deux globe-trotters du football n'aurait porté ses fruits s'il n'avait été assorti de l'esprit de révolte d'une équipe injustement sanctionnée, après dix minutes de jeu, lorsque l'arbitre la réduisit à dix unités après qu'Ivica Dragutinovic, dernier défenseur, se soit rendu coupable d'une faute involontaire du bras à l'entrée du grand rectangle.

Ce coup du sort eut le mérite d'éveiller une rébellion dans un clan rouche qui avait abordé la partie de manière trop lymphatique. Quelques poignées de secondes seulement après le renvoi aux vestiaires de leur défenseur central, les Standardmen prirent pour victimes les Waeslandiens par l'entremise de Conceiço qui ajusta Volders d'une somptueuse reprise avant que Rapaic ne peaufine le travail d'un maître coup franc magistralement transformé dans la lucarne (0-2).

La cause semblait être entendue mais les Rouches eurent le seul tort de s'enorgueillir et de relâcher leur concentration quelques fractions secondes avant le repos quand Sanogo sauta plus haut que Rapaic et rendit espoir aux siens (1-2). Ce but inscrit à un moment psychologique allait-il ébranler les Liégeois? Fouettés par cette gifle, ils remontèrent sur la pelouse animés de cette soif de vaincre stigmatisée par la volonté de Dominique D'Onofrio de privilégier, un long moment durant, une défense à trois éléments avant de sacrifier Roussel sur l'autel de la tactique en intronisant Vandooren afin de solidifier un secteur défensif mis à mal par la virtuosité et la mobilité des techniciens ivoiriens toujours capables de s'appuyer sur l' homme libre. Rapaic y alla de sa seconde réalisation (1-3) avant qu'Arunina (2-3) ne lance, en vain, ses partenaires à l'assaut d'un navire liégeois au bout duquel Runje s'évertua à maintenir le cap en lui évitant de prendre l'eau. Car les attaques étaient initiées par de multiples dédoublements de flancs ou par les puissants coups de patte d'un Romaric qui surgissait d'une ligne arrière où il avait été aligné pour contrer les grands gabarits liégeois.

Mais, de toute évidence, les Waeslandiens auraient mieux fait de se méfier des traits de génie de Conceiço et de Rapaic. Gageons que ces deux diamants bruts ne laisseront pas notre compétition orpheline d'un tel talent la saison prochaine. Et pourtant...

du défenseur serbe ne semblait pas volontaire. (PHOTO NEWS)

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