Liverpool, battu 1 à 0 à l'aller, va devoir tromper au moins deux fois l'impressionnante défense de Chelsea s'il veut ruiner les espoirs londoniens d'entrer pour la première fois en finale de la Ligue des champions, mardi lors de la demi-finale retour à Anfield.

Le rideau de fer. Pour se qualifier avant les tirs au but, Liverpool devra s'imposer par deux buts d'écart. Mission quasiment impossible. En 172 matches, depuis l'arrivée de Jose Mourinho, Chelsea n'a perdu que deux fois par plus d'un but d'écart: le 11 février 2006 à Middlesbrough (0-3) et le 20 janvier... à Liverpool (0-2). Ce jour-là, la défense des Blues était expérimentale, avec Michael Essien et Paulo Ferreira en charnière centrale. Devant la défense, John Obi Mikel et Claude Makelele se sont contentés de taches défensives à l'aller. En première mi-temps, ils ont respectivement touché quatre et cinq ballons dans le camp de Liverpool qui ne s'est procuré qu'une petite occasion par Steven Gerrard.

Les attaquants. C'est le domaine où Liverpool pêche. Craig Bellamy a été transparent à Stamford Bridge. Dirk Kuyt a essayé, mais a semblé léger face à la défense des Blues. Quand Peter Crouch est rentré, Liverpool a usé de longs ballons vers le géant. Gerrard est peut-être la principale arme offensive des Reds.

Le public. "On aura douze joueurs au match retour", dit Rafael Benitez. Parmi les grands d'Angleterre, Liverpool est le seul à disposer d'un public digne de ce nom. Roy Keane décrivait Old Trafford comme une assemblée de "mangeurs de sandwiches". Dans leur stade neuf, immense et froid, les Gunners doivent se contenter des applaudissements bien élevés des "yuppies" qui peuvent se permettre d'acheter des billets avant de quitter le stade en avance pour ne pas être trop serrés dans le métro. A Chelsea, les matches commencent par des airs de tavernes bavaroises par hauts-parleurs et se poursuivent par les insultes et les doigts dressés à destination de l'entraîneur visiteur. Des chants d'Anfield émanent l'harmonie, la puissance et la joie d'un peuple en marche. "Ce qu'il faut se mettre dans la tête, c'est que la foule ne jouera pas", dit John Terry.

La fatigue. Chelsea en est à 59 matches cette saison, soit déjà cinq de plus que la saison passée et six de plus que Liverpool. Qualifiés pour la prochaine Ligue des champions, les Reds n'ont qu'à se concentrer sur leur demi-finale et Rafael Benitez fait tourner son effectif. A Portsmouth samedi, il a laissé au repos sept de ses onze titulaires du match aller.

Les absents. Ricardo Carvalho et Michael Ballack, blessés, ne joueront pas. Carvalho est au moins autant que John Terry l'homme essentiel de l'arrière-garde londonienne. Comme il l'a montré sur le but de l'aller, il dispose, à l'inverse de son comparse, du bagage technique pour relancer intelligemment. En outre, Bolton a égalisé samedi (2-2) après la blessure de Carvalho.

Le revenant. Suspendu à l'aller, Michael Essien revient. Et Mourinho est soulagé. Le Portugais considère celui qu'il surnomme le "Train" comme son homme de base.

Colère. Rafael Benitez est un homme placide. Aussi, les visages livides des joueurs de Liverpool après leur match à Stamford Bridge trahissaient-ils leur stupeur après son "coup de gueule" dans le vestiaire.

Petites phrases. Benitez: "Je veux offrir à mes joueurs la chance de montrer qu'ils veulent faire partie de ce club la saison prochaine". Mark Gonzalez, milieu de Liverpool à propos de Chelsea à l'aller: "Ils n'ont pas vraiment existé dans ce match". Mourinho: "Si j'avais eu les résultats de Liverpool depuis trois ans en championnat, je pense que je ne serais plus à Chelsea".