Goran Ljubojevic se sera, peut-être, révélé le bourreau d'Anderlecht cette saison. Le Croate a inscrit trois des cinq buts que le Racing a infligés au champion en titre et ces goals ont rapporté quatre points à son équipe.

Le Sporting l'a démontré en Cou- pe, la semaine dernière : jouer sous pression le transcende. Son statut d'outsider, au coup d'envoi du sommet d'hier soir, n'était donc pas de nature à le rendre fébrile.

Il faillit le confirmer d'entrée de jeu en assenant, dès la 25e seconde, un fameux coup de tonnerre : de la gauche, Boussoufa délivra un centre parfait pour la tête d'Hassan dans le petit rectangle. Surpris, peut-être, par l'intervention manquée de Mi- kulic, l'Egyptien propulsa le ballon au-dessus du but.

Le choc s'annonçait bien. Il allait tenir toutes ses promesses pendant une vingtaine de minutes. Mais, déjà, le Sporting avait pris un léger ascendant grâce à une gestion du match plus mature, à une mise en place plus homogène, à la mobilité de ses attaquants et à une reconversion offensive rapide de toute l'équi- pe. Noués, sans doute, les Genkois péchaient, eux, par précipitation. Ils ne se révélaient dangereux que sur les phases arrêtées.

Les duels se firent soudain plus âpres : trop de fautes hachèrent le match. Cornelis, Bailly et Boussoufa, ce dernier touché au visage dans un contact avec Soetaers, accusèrent des séquelles. Haroun, lui, dut céder sa place à Coelho.

Anderlecht ne lâcha pas son emprise sur la rencontre. À la 28e minute, sur un bon centre de Wasilew- ski, Boussoufa gêna, sans le vouloir, la détente de Frutos au second montant.

Ce n'était que partie remise. Deux minutes plus tard, un peu à gauche dans l'axe, Boussoufa, en possession du ballon, exploita à la perfection un appel judicieux de Frutos pour se dégager de la surveillance de Matoukou et bloquer Mikulic. L'Argentin ajusta ensuite Bailly d'un tir croisé imparable (0-1).

À la 50e, M. Vervecken aurait pu sanctionner d'un coup de réparation un contact entre Juhasz et Soetaers. Mais en fin de première période, il aurait pu infliger la même punition à Bailly, dont le bras avait empêché Pareja de jouer le ballon. Juhasz céda, peu après, sa place à Van Schlebrügge juste après que Matou- kou, en retombant, eut incrusté ses crampons dans le front de Frutos. À l'heure de jeu, trente-deux fautes avaient déjà été sifflées.

Le début de la seconde période était redevenu dense grâce, cette fois, à la poussée du Racing qui cantonnait le Sporting dans son camp même si, à la 59e, Bailly dut intervenir en deux temps sur un essai d'Hassan servi par Goor.

Genk avait retrouvé son football, offensif et chatoyant. La défense d'Anderlecht résistait bien. Elle ne céda, à la 73e minute, que face à son bourreau, Ljubojevic, qui, devançant Pareja, convertit de la tête un centre parfait de Chatelle (1-1). Tchite ne put l'imiter à la 84e quand, lancé par Hassan, il tira de peu à côté. Le partage se révélait équitable : chaque équipe avait dominé une mi-temps.