Chelsea a remporté une victoire précieuse dans la course au titre de champion d’Angleterre grâce à un but litigieux de John Terry concédé par un Manchester United souvent dominateur (1-0), dimanche lors du choc au sommet de la 12e journée. L’entraîneur Carlo Ancelotti ne faisait pas la fine bouche après ce succès, le dixième en autant de matches à Stamford Bridge, face à ce que l’Italien décrit comme " le principal adversaire" des Blues. Ils comptent cinq points d’avance sur les triples champions sortants.

En pleine forme actuellement, Arsenal aura l’occasion de se rappeler au bon souvenir de l’Italien le 29 novembre à l’Emirates. Mais sous Ancelotti, les Londoniens ont retrouvé une culture de la gagne émoussée depuis le départ de Jose Mourinho. Une équipe moins puissante, moins solide, moins obstinée que Chelsea aurait perdu ce match, globalement dominé par les visiteurs, notamment en première période. Mais les "Blues" ont profité de la seule véritable occasion du match et se soucieront peu du parfum de polémique qui entoure ce but.

Sur un coup franc de Frank Lampard sifflé pour une faute peu évidente de Darren Fletcher sur Ashley Cole, la tête décroisée de Terry (peut-être effleurée par Nicolas Anelka) trompait Edwin Van der Sar (77, 1-0).

La position de hors-jeu de Didier Drogba sur l’action de but ou un penalty refusé à Antonio Valencia en première période n’ont rien fait pour apaiser la fureur de l’entraîneur Alex Ferguson.

Privés de ballons il y a deux semaines par Liverpool, les Mancuniens avaient renforcé leur milieu : Fletcher, Michael Carrick et Anderson étouffaient Michael Ballack, Deco et Frank Lampard et le duo Didier Drogba/Nicolas Anelka était sevré de ballons. Si le Français, excellent, redescendait s’approvisionner lui-même, l’Ivoirien était inhabituellement discret.

Alors que Manchester paraissait affaibli en défense par les absences de Rio Ferdinand (forfait) et Nemanja Vidic (convalescent, sur le banc), leurs suppléants Wes Brown et Jonny Evans n’étaient guère mis en danger. Jusqu’au but de Terry, Van der Sar n’avait été gentiment sollicité que par Anelka (28e et 32e).

Mais, signe de leur solidité, les Blues, même dominés, n’ont jamais semblé véritablement en danger. La défense agressive de Ricardo Carvalho et de Terry y est pour beaucoup. Ils n’accordaient guère plus de temps à Ryan Giggs pour ajuster sa passe pour Anderson (36e) qu’à Wayne Rooney pour exploiter correctement un contre dangereux (37e).

En seconde période, l’attaquant, seul en pointe après le forfait de Dimitar Berbatov, montrait les crocs d’une frappe un poil trop croisée (67e) juste avant un tir brossé dévié du chemin de la lucarne par Petr Cech (68e). Mais au final, un détail faisait la différence pour Chelsea. Peut-être un de ces petits riens qui font les sacres.